Weturn, la boîte qui rembobine les invendus

Planète

Fashion victim. C’est ce que s’attache à faire weturn, cette boîte de 4 personnes s’est lancée un défi assez fou : recycler les invendus textiles des marques de mode. Car oui, la mode continue de faire des fashion victims à commencer par les pièces invendues de leurs collections qui, chaque année, sont brûlées si elles ne trouvent pas preneur. Surtout que les grandes maisons de couture recourent particulièrement à l’incinération de leurs invendus pour éviter qu’ils ne se retrouvent bradés à bas prix sur des marchés dégriffés ou dans des circuits low-cost, dépréciant ainsi l’image de la marque. Tu te souviens peut-être du scandale il y a quelques années quand on avait appris que Burbery avait détruit pour 31 millions € d'invendus - la marque a depuis renoncé à l'incinération. Ce gâchis pour le style, c’est aussi un gros gâchis pour la planète : 4 millions de tonnes de fringues sont jetées par an dont 80% finissent en décharge ou incinérées, sachant que ce mode-ci produit 3% de résidus de fumées dangereuses pour la santé. Oui, c’est moche.



C'est pour ça que weturn s’est lancé l’année dernière. Concrètement, sa fondatrice Sophie Pignères et son équipe travaillent avec des marques pour collecter leurs invendus, constituer des nouvelles bobines de fil à partir de ceux-ci. Ensuite, les bobines sont soit revendues en indemnisant la marque, soit utilisées par cette dernière pour recréer des fringues stylées avec ce fil recyclé.

Pas bête comme idée car ça va être de plus en plus demandé : en effet, dès le 1er janvier 2022, la loi AGEC - pour loi anti-gaspillage pour une économie circulaire - interdira la destruction des invendus.

Publié dans la Quotidienne du
8/6/21