Votera ? Votera pas ?

Présidentielles

Abstention, vote blanc, vote nul. Précis de vocabulaire pour lost in elections.

L’abstention, c’est ne pas voter quand on est inscrit sur les listes électorales. On la considère souvent comme un indicateur de la santé d’une démocratie. Or, de 15 % en 1965, l’abstention atteint 26 % au 1er tour de la présidentielle de 2022, un poil en dessous du pic de 28 % en 2002. Cette année, quasi une personne de 25-34 ans sur 2 et 33 % des ouvriers n’ont pas voté, alors que 81 % des retraités se sont déplacés.

Vote blanc = absence de choix = enveloppe vide ou bulletin vierge. Vote nul = bulletin modifié. Ça peut être un bulletin avec la tête à Toto ou une lettre d'amour pour la dame de la mairie. Ces 2 votes sont comptés, mais ne comptent pas. Car aucun n'est considéré comme "suffrage exprimé". Or, aujourd'hui, "le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés", càd, uniquement par ceux qui ont mis un des bulletins proposés dans l'urne. Et ça fait la diff, car, si on avait compté les votes blancs (et nuls jusqu’à 2014) comme exprimés, ni J. Chirac en 95 ni F. Hollande en 2012 n’auraient été élus.

Si l’abstention et les votes blancs/nuls sont ultra différents - le 1er est passif, le 2d, actif - leur impact sur le scrutin est le même : nul. Ils ne changent pas le résultat final, donc si tu veux t'exprimer, il faut voter. Aucun des finalistes ne te correspond vraiment ? Souviens-toi que les 12 et 19 juin, ce sont les législatives, pendant lesquelles on désignera les 577 députés. C'est important car la ou le futur Premier ministre devra venir de la majorité de la nouvelle Assemblée. C'est une 2e fenêtre pour influer sur la politique des 5 ans à venir.

Publié dans la Quotidienne du
20/4/22