L'écoféminisme selon Françoise d'Eaubonne

Planète

Notre bonne Françoise d’Eaubonne ! C'est une figure phare du mouvement écoféministe, ce courant qui tisse un lien étroit entre l'exploitation de la planète et celle des femmes, faisant d'elle une clef des enjeux actuels et futurs. Ce terme "écoféminisme" est justement apparu sous sa plume d’essayiste et militante politique dans Le féminisme ou la mort, qu'elle publia en 1974.

Françoise naît en 1920 à Paris et grandit à Toulouse dans une famille qui n'avait pas beaucoup de blé. Après des études en fac de Lettres et aux Beaux-Arts, elle s’engage au PC après la Libération et devient pote avec Simone de Beauvoir après avoir lu le Deuxième Sexe. Fun fact : fraîchement mariée, elle largue son époux sur les marches de l’église. Féministe de la 1ère heure, elle co-fonde aussi le Mouvement de libération des femmes (MLF).

Mais Françoise est aussi super écolo, et connue pour son activisme antinucléaire : elle a participé, en 1975, au dynamitage d’une partie de la centrale de Fessenheim en Alsace (oui, celle qui a fermé l’an dernier !), alors qu’elle était en construction, ce qui a retardé de plusieurs mois sa mise en route. Sauf que plutôt que de mener les 2 combats séparément, elle veut opérer une synthèse entre la dénonciation de l’exploitation de la nature par l’Homme et l’exploitation de la femme par l’homme.

Selon Françoise d'Eaubonne, en prenant le pouvoir sur les femmes et sur la terre, aux temps préhistoriques, les hommes ont créé les 2 fléaux qui menacent l’humanité : la surpopulation et l’agriculture intensive. Conclusion : il faut rendre le pouvoir aux femmes pour sortir de ce “patriarcat capitaliste”. Décédée en 2005 à 85 ans, elle traça une voie dans laquelle se sont engagées après elle des féministes comme Starhawk, Vandana Shiva ou Maria Mies.

Publié dans la Quotidienne du
23/3/21