Pourquoi rester groupir à l'Assemblée nationale ?

In da city

Il faut rester groupir. À l'Assemblée nationale (AN) comme dans la 7e compagnie, former un groupe est ultra stratégique. Pour capter, on compare l'AN au BDE et ses groupes qui influencent chacun la vie de la fac.

Déjà, pour pouvoir former un groupe à l'AN, il faut réunir min 15 personnes d'accord sur les mêmes principes, sans forcément être députés du même parti. On choisit un président de groupe, et il ou elle passe le mot à la présidence de l'AN : "nous, on pèse".

Une fois reconnu, le groupe a pas mal de droits : des places assises dans un carré avec les potes, à gauche ou à droite du fauteuil présidentiel en fonction du positionnement politique ; des spots au bureau qui dirige l'AN et dans les commissions qui préparent les lois ; un temps réservé au mic de l'hémicycle ; ou encore un droit de vote sur l'ordre du jour et sur les postes importants de l'AN. Côté pratique, chaque groupe reçoit des pépettes, mais aussi des bureaux et l'accès à des salles de réu.

Le groupe, c'est double effet kisscool pour les membres de l'opposition : ils ont minimum la moitié des questions au gouv du mercredi et 1 jour balisé par mois où ils choisissent ce dont l'AN va parler. S'ils décident de discuter du potager dans la cour, des déviances des soirées ou du menu de la cantine, ils peuvent l'imposer. En plus, ils votent pour élire une personne clé : la tête de la commission des finances. Son rôle est très stratégique : elle joue beaucoup pour valider ou pas le projet budgétaire annuel de l'État (aka la loi de finances) et peut potentiellement le bloquer, et la marche de l'État avec. Elle peut aussi lever le secret fiscal, lancer des commissions d'enquêtes... On comprend pourquoi Nupes et RN veulent le spot.

À l'Assemblée, rester groupir ne veut pas dire qu'on pourra forcément faire passer ses textes, mais permet de forcer à débattre de ses sujets, influer sur les textes lors de commissions, et, si on est à la tête de la commission des finances, potentiellement bloquer pas mal l'État.

Publié dans la Quotidienne du
22/6/22