Pourquoi les femmes votent moins que les hommes aux élections locales ?

In da city

Si j’étais présidente de la République…ta cousine voterait davantage. Nan, c’est pas qu’on a des velléités présidentielles, c’est qu’on est tombées sur une étude sur la différence entre le vote des hommes et des femmes qui nous a interpellée. On te raconte.

Bon, on en a parlé, l’abstention n’a (presque) jamais été aussi élevée que lors des dernières régionales est départementales : la faute à la démocratie électorale qui s’étiole, à une offre politique pas alléchante, à une propagande électorale mal distribuée, à une défiance toujours croissante envers la classe politique et sa capacité d’action : particulièrement de la part des jeunes et des classes populaires... Avec une surreprésentation des femmes parmi les abstentionnistes : 72 % d’entre elles se sont abstenues de voter, contre 59 % pour les hommes selon Ipsos.

En fait, cet écart n’est pas inédit. On rappelle que les Françaises ne votent que depuis 1945, et, alors que les chercheurs considéraient dans les 80’s qu’hommes et femmes se mobilisaient autant pour voter, des études menées depuis les 2000's montrent qu’un « gender gap » - écart de genre - persiste. En fait, on vote autant voire plus aux grosses élections mais moins aux élections perçues comme moins importantes comme les municipales, les régionales ou les européennes. Dans ces élections qui sont moins couvertes par la presse, moins connues, plus complexes, les personnes qui se mobilisent sont celles qui sont déjà intéressées par la politique. Et là-dessus, on est moins nombreuses que les hommes.

Ah bon, mais pourquoi ? Il y a pas mal d’explications, notamment un manque de ressources : encore disproportionnellement occupées par les tâches domestiques, les femmes ont moins de temps à dédier à l’information et à l’engagement politique ; en plus, les stéréotypes culturels jouent contre nous, car le domaine politique apparaît encore réservé aux hommes. Et ce n’est pas qu’un cliché, aujourd’hui encore les femmes sont sous-représentées parmi les élus, chefs d’Etats et parlementaires, ce qui, cercle vicieux, leur donne aussi moins envie de s’y intéresser.

Pourtant, on le voit, si les femmes participent moins dans les activités politiques consommatrices de temps, on signe plus de pétitions, on est ultra concernées par l’avenir de la société, on forme l’écrasante majorité des bénévoles et des salariés de l’économie sociale et solidaire. La solution prouvée pour transformer l’intérêt des femmes en participation politique ? Une plus forte représentation des femmes. C’est pour ça qu’on aime beaucoup les initiatives d’Investies qui forme 60 femmes à se présenter aux législatives et de Tous Elus qui ambitionne d'accompagner les jeunes qui se disent "et pourquoi pas moi?". C'est vrai ça, pourquoi pas toi ?

Publié dans la Quotidienne du
30/6/21