Pour ou contre le vote électronique ?

In da city

L’électronique c’est fantastique. On avoue, ça nous est déjà arrivées d’être prises d’envies de pique-niques champêtres un jour d’élection en se disant que ce serait pratique de pouvoir voter par Internet. Alors qu’on doit désigner nos élus régionaux et départementaux en juin 2021, dans un contexte pandémique, on est pas les seules à se poser la question. Comme pour le vote par courrier, on a cherché les arguments du débat.

Contre
: Le vote par Internet comporte des risques de sécurité (hacking par ex) importants et à échelle massive (alors qu’en physique, le risque de fraude est plus limité). Quand bien même le système serait 100% safe, le fait qu'on ne puisse contrôler aussi "simplement" qu'en recomptant les bulletins génère des suspicions. A l’heure où l’interférence de pays étrangers dans les processus électoraux a été prouvée (cf. Russie et Présidentielle US 2016), ça la fout mal. Il y a aussi les enjeux de fracture numérique (12% de la population n'est pas équipée pour se connecter), qui se pose notamment chez les plus âgées, les plus précaires ou les populations rurales. Le numérique romprait aussi avec « l’aspect social du vote », et sans son côté « rituel », on pourrait perdre l’habitude de voter.

Pour : Ce serait une façon de booster le vote des jeunes, en berne depuis 20 ans et de permettre à beaucoup d’handicapés de voter eux-mêmes. Ce type de vote est déjà en place pour les législatives des Français de l’étranger, mais il est aussi largement utilisé chez nos voisins : en Suisse, dans le land allemand de Bavière ou en Estonie, pays le plus avancé sur le sujet. L'Estonie compte l’accès à Internet comme droit constitutionnel et a développé des cartes d’identité à puce permettant de s’identifier, on peut y e-voter à échelle nationale depuis 2005. Mais, rappelons que l'Estonie, c'est 1,3M d’habitants. En France : 67M ; la différence d'échelle fait qu'on peut avoir des doutes sur la possibilité de transposer ce système chez nous.

Publié dans la Quotidienne du
25/11/20