L'opting-out, ces femmes sur-diplômées qui décident de tout lâcher

Work work work

« Mireille a quitté son cab, elle va faire une pause et s’occuper de Jordie». « Atta, Mireille ta pote ultra féministe qui a 100 masters et un gros job ? » « Affirmatif ».
« L'opting-out » , ce phénomène des femmes sur-diplômées qui quittent leurs jobs, ça fait plus de 10 ans que les sociologues US en parlent, et Céline Alix a décidé de se pencher sur le cas français. Yes, car chez nous aussi, un nombre croissant de femmes quittent leur boulot alors qu’elles sont à l’apogée de leur carrière. Mais, contrairement aux US, ce n’est pas pour rester s’occuper des kids. Elles montent une auto entreprise et continuent à bosser pour leur ancien boss en freelance, ou alors elles créent une boîte dans un secteur différent, ou encore rejoignent une structure plus petite, pilotée par d’autres meufs.

Atta, mais pourquoi elle partent si c’est pour rebosser ? 3 raisons :

  1. Elles en ont marre du modèle des boîtes tradis : avec leurs jeux politiques, une conception du pouvoir et des pratiques à l’ancienne; et, souvent, un plafond de verre qu’elles n’arrivent pas à percer.
  2. Un monde professionnel qui ignore encore complètement la sphère domestique et ses contraintes. Dans encore beaucoup de boîtes, on considère que les sujets des enfants, de l’aménagement du temps de travail etc, c’est strictement individuel. Sauf, que dans les faits, c’est encore majoritairement porté par les femmes.
  3. Une pression accrue pour que les femmes soient, en plus « des mères parfaites ».

Résultat, elles quittent leurs boîtes pour construire la suite de leur vie pro à leur manière, avec des horaires qu’elles choisissent, des valeurs qui leur parlent, une ambiance de travail moins individualiste et plus collective et où casquettes professionnelle et personnelle cohabitent de manière plus harmonieuse. « Bah, tout le monde veut ça, non ? ». Justement, c’est ça le point. Pour Céline Alix, en fait, ces femmes ont ouvert la brèche pour une nouvelle façon d’aborder le travail qui rejoint les aspirations de notre génération à nous, les millennials (nés entre 1980 et 1999). Y’a plus qu’à transformer l’ensemble des boîtes pour qu’on soit pas obligées de partir si on veut une vie stylée, non ?

Si tu veux creuser le sujet, tu peux lire le bouquin Merci mais non merci de Céline Alix.

Publié dans la Quotidienne du
1/3/21