L'Etat a-t-il le droit de m'espionner via mon téléphone ?

In da city

Stop watching, Big Brother. La Cour de Justice européenne, plus haute juridiction a tranché hier matin : non, les États membres ne peuvent pas exiger des fournisseurs de téléphonie mobile et Internet qu'ils conservent toutes les données de communication de tous les citoyens pendant un an.

En France, c'était le cas depuis la loi de Renseignement de 2015, dans l'objectif de lutter contre le terrorisme, mais aussi plus largement pour "protéger les intérêts économiques de la France". Pour de nombreux groupes d'activistes du web comme la Quadrature du Net ou French Data Network, cette surveillance indifférenciée était contraire aux libertés individuelles. Ils ont donc saisi la justice européenne, qui leur a donné raison.

Concrètement, cela signifie que les opérateurs français n'auront plus le droit de garder toutes les données de connexions Internet et de conversations téléphoniques de tout le monde - on ne parle pas ici du contenu des messages mais des "métadonnées" qui les entourent : qui parle avec qui, combien de temps, depuis où, avec quelle adresse IP etc - , mais qu'ils pourront garder uniquement celles de personnes ciblées spécifiquement dans les recherches, et ceci pour un temps "limité".

D'un côté, les services de renseignements s'inquiètent d'être privés de données "décisives dans certaines affaires", et de l'autre, la Quadrature du Net gagne une de ses batailles historiques contre "la surveillance de masse".

Publié dans la Quotidienne du
7/10/20