Les déchets radioactifs, et moi

In da city

La question à 100 000 patates. Comme celle sur laquelle bosse l’Andra, l’agence publique en charge du projet Cigéo : qu’est-ce qu’on fait des déchets les plus radioactifs ? Oui, parce que pour charger nos ordis, éclairer nos apparts et faire fonctionner les usines, aujourd’hui, plus de 75% de l’électricité en France provient du nucléaire. Cette énergie, qui est considérée comme propre en termes d’émission de gaz à effet de serre - qui réchauffent la planète - , a, en même temps, un problème de poubelle : on n’a pas encore d’endroit où stocker les déchets les plus dangereux qu’elle produit dont certains peuvent rester radioactifs pendant plusieurs centaines de milliers d’années. Ces derniers, qui ne sont pas gros mais très radioactifs, on envisage de les mettre à 500m sous terre, dans un centre de stockage dédié, qu’on remplirait pendant une centaine d’années puis qu’on fermerait vers 2150, une fois plein, pour y laisser la radioactivité baisser sans y toucher, pour le million d’années à venir. Yep, assez vertigineux.

Ce projet est loin d’être neuf, ça fait déjà 30 ans qu’on en parle et à la fin des 90’s, on a identifié la Commune de Bure, dans la Meuse, pour mettre en place un labo souterrain avant de construire, Cigéo. Son but c’est de tester : si le terrain est suffisamment stable, imperméable, comment on va empaqueter les colis radioactifs, etc. Mais c’est aussi de s’assurer que les actions d’enfouissement des déchets radioactifs soient réversibles pendant les 150 ans où on remplirait le stock. Oui, car, potentiellement, tes arrières-arrières-petits-enfants pourraient trouver une meilleure solution, genre une techno dingo qui désactive la radioactivité, et dans ce cas, il faudra qu’ils puissent récupérer nos déchets à nous.

En réalité, on n’en est pas encore là, pour l’instant le centre de stockage n’a pas encore été construit et les députés ont demandé en 2016 qu’on fasse d’abord un long test grandeur nature, avec des vrais déchets radioactifs, pendant une vingtaine d’années. C’est la fameuse Phipil pour “phase pilote". Une fois finie, un doc sera rendu à l’Assemblée nationale qui décidera si, oui ou non, on lance officiellement le centre de stockage, et s’il faut faire des modifs.

Les grands projets comme celui-là, qui paraissent géniaux voire indispensables à certains peuvent paraître inutiles voire néfastes à d’autres. Et pour faire dialoguer les 2 visions, il y a la concertation. C’est pour ça que l’Andra, l’agence publique qui pense la gestion des déchets radioactifs demande ton avis : et toi, tu aimerais qu’on fasse quoi lors de cette phase pilote ? Dis-le, là.

Psst. Pour mieux comprendre Cigéo et le débat qui l’entoure, on n’a pas trouvé mieux que notre vidéo de 2017.

Publié dans la Quotidienne du
26/5/21