Le "bon moment" pour avoir un enfant : c'est quand ?

Work work work

Bad timing ? La semaine dernière, on discutait avec notre copine A. qui nous a raconté comment son boss lui avait proposé une rupture conventionnelle au moment où elle a annoncé sa 2e grossesse : "c'est pour toi, parce qu'avec le rythme de la boîte et de ton poste, tu vas t'épuiser à tout gérer de front". Cela faisait un peu moins d'un an qu'elle était dans la boîte, et au-delà de l'aspect illégal du sujet, on s'est demandées : pour celles qui le veulent (et le peuvent), c'est quand le "bon moment" pour avoir un enfant ?

On est allées glaner des tips auprès de Lucile Quillet, notre cops maestra de la réussite des femmes au travail. D'abord, on décomplexe, comme pour les situations, il n'y a pas de bon ou de mauvais moment en fait. Le bon moment c'est celui qui est bon pour toi, l'enjeu ensuite c'est de pouvoir choisir les conséquences qui en découlent, ne pas se sur-responsabiliser et faire peser sur ses épaules tout le poids d'un départ en congé mat. Pour ça, Lucile propose 4 étapes :

- Let's talk : ça tombe sous le sens, et pourtant, pas mal de couples font l'impasse de la discussion préliminaire : qui prendra quel congé au moment de la naissance ? Qui est prêt à changer son emploi du temps et dans quelle mesure ? Sans cette conversation, on peut se retrouver vite dans le "ah ce soir je peux pas, j'ai une réunion à 19h" par défaut.
- Protection, ON : selon le code du travail, une femme est protégée à partir de l'annonce de sa grossesse, elle ne peut être licenciée pendant cette période et à son retour de congé dont une partie au moins est obligatoire, elle est censée retrouver son poste ou un poste similaire et le même niveau de salaire. Sauf qu'en réalité, c'est à partir du moment où les femmes deviennent mères que les écarts de salaires et de niveaux de responsabilité se creusent : plus de 40% des femmes cadres réduisent leur temps de travail ou modifient leurs horaires pour pouvoir s'occuper de leurs enfants et l'écart de salaires entre hommes et femmes passe de 6% à 25 ans, à 13% à 35 ans puis 20% à 45 ans. Pour éviter d'être rétrogradée, consciemment ou non, à son retour de congé, on tente de "photographier" objectivement sa situation pro : mails, notes de réunion, niveau de responsabilité. Comme ça, on peut avoir un comparatif objectif à montrer à son retour don congé si on s'estime rétrogradée.
- No excuses : Quand on annonce sa grossesse, on ne s'excuse pas, c'est la vie et de tous temps on a su s'organiser en cas d'absence prolongée. Côté timing, il est recommandé de l'annoncer à la fin du 3e trimestre, mais ce n'est pas obligatoire.
- Let's talk 2 : Comme dans le cas du boss de A, cela peut arriver qu'un employeur veuille en fait bien faire et décide d'alléger ton agenda, enlever certains projets stressants ou autres mises au placard plus ou moins intentionnelles et conscientes. Ca peut te convenir, ou pas. Le truc, c'est que tu n'as pas eu le choix. C'est pour ça que Lucile conseille de déminer le terrain en discutant avec son ou sa N+1 et d'affirmer ses ambitions pro.

Publié dans la Quotidienne du
12/4/21