L'amende de la Mairie de Paris pour avoir nommé trop de femmes

In da city

Femmes des années 2020. Tu en as peut-être entendu parler, la Mairie de Paris a écopé d'une amende de 90 000€ pour avoir nommé trop de femmes à des postes d'encadrement. Dans l'équipe on savait pas trop quoi en penser, et comme on est un peu bornées, on a creusé.

En 2012, la loi Sauvadet a fixé à 40% le seuil minimal de nouvelles nomination de chaque genre à des postes d'encadrement dans la fonction publique. Mathématiquement, ça veut dire que l'autre genre ne doit pas dépasser les 60%. En clair, l'objectif c'est de favoriser l'égalité hommes-femmes sur ces positions car ces dernières ne représentent encore que 31% des postes d'encadrement dans le public en 2018.

Revenons à la Mairie de Paris. Elle a nommé en 2018, 11 femmes vs 5 hommes à des postes de direction et sous-direction, ça fait 69% de nominations féminines et donc 31% seulement côté masculin. En dehors des taux prévus donc, d'où l'amende. Mais la Mairie s'est défendue, rappelant que les femmes restent moins présentes dans les fonctions d'encadrement - moins de la moitié -  et que les nominations sont une façon de "rattraper le retard". Argument d'ailleurs validé par une loi de 2019 qui autorise à dépasser les seuils si cela "n'aboutit pas à un déséquilibre dans les emplois concernés". Mais, elle n'est entrée en vigueur qu'en juin 2020, trop tard pour ces nominations de 2018 !

La bonne nouvelle, c'est que les administrations ne seront plus pénalisées si elles nomment trop de femmes pour rattraper leur retard. Et il va falloir y aller car, même si, sur les plus hautes fonctions de l'administration on est passé de 24% de femmes en 2012 à 43% en 2020, il y a encore du taf dans les ministères comme Bercy qui a dû payer 450 000 € d'amende en 2019.

Publié dans la Quotidienne du
23/12/20