La pollution numérique

Planète

iPollution. Tu en as déjà peut-être entendu parler, la pollution numérique c'est le poids environnemental de notre vie en ligne qui représente, en France, + de 3% de nos émissions de gaz à effets de serre, celles qui réchauffent le climat; soit l’équivalent des émissions annuelles des 2,2M de Parisiens. On pense, à première vue, à nos pratiques individuelles comme au streaming de la Casa del Papel sur Netflix, au téléchargement de Black Panthers ou encore à l'envoi de ce WeTranfer de 3Go des vidéos du mariage de ta cousine… Mais, en réalité, à l’échelle mondiale, le gros de la pollution numérique est surtout lié à la fabrication de nos appareils gourmands en eau, énergie et minerais notamment.

Surtout, qu’en France on est particulièrement équipé en matos numérique : env 11 équipements -tels, ordis, TV, imprimantes, objets connectés, etc- en moy par personne (631M d’équipements pour env 58M d’utilisateurs) alors que la moyenne mondiale est plutôt autour de 8 équipements par personne. C’est pour informer, alerter, et aider à réduire la pollution numérique qu’Inès Leonarduzzi a créé l’ONG Digital For the Planet.

L’ONG bosse à un 1er éco-label qui certifierait l’engagement des boîtes et des institutions en faveur de l’environnement en ligne. Mais, hormis la pollution environnementale, elle questionne 2 autres types de pollution générée par le numérique : son impact intellectuel et sociétal.

Dans son bouquin Réparer le futur, Inès tease le concept : On compte plus de 14 milliards de smartphones dans le monde ; 21 milliards d’objets connectés nous assistent au quotidien ; 7 milliards de requêtes Google sont effectuées chaque jour, soit 80 000 par seconde, et un milliard d’heures de vidéos sont visionnées. Ces chiffres vous donnent le tournis ? Ils masquent surtout trois types de pollutions numériques : environnementale, mais aussi intellectuelle et sociétale, ou comment le numérique désincarné affecte au quotidien la planète, nos capacités cognitives et certaines fondations de notre société, comme le vivre-ensemble.

Publié dans la Quotidienne du
18/5/21