La Police des polices, aka IGPN, c'est quoi ?

In da city

Eins Zwei Polizei…der polizisten, "police des polices", c'est comme ça qu'on appelle l'IGPN, dont le nom revient en boucle entre la loi « sécurité globale » et le récent passage à tabac de M.Zecler par des policiers. L'Inspection Générale de la Police Nationale, c'est une institution souvent accusée d’être juge et partie, de manque de transparence, et de laxisme et aussi bien G.Darmanin, min de l’intérieur que C.Castaner avant lui, parlent de la réformer. On explique.



Le concept d'un corps chargé du respect de la loi par les forces de Police date du 19e, mais l'IGPN telle qu'on la connait est née en 2013. Elle a à la fois une mission d'audit du fonctionnement de la Police, et d'enquête. L'IGPN, ce sont 285 agents, dont 70% sont policiers, qui ont droit au doux nom de "boeufs-carottes", qui doivent « cuisiner leurs collègues". Elle mène 2 types d'enquêtes : administrative et judiciaire, mais elle ne juge et ne sanctionne pas. Les sanctions sont choisies par les supérieurs pour les enquêtes administratives et par la justice pour les enquêtes judiciaires. Par ex, si un policier est soupçonné de vol ou de mensonge qui porte atteinte à l'institution, c'est une enquête administrative qui est lancée; en revanche, dès que les actes portent atteinte à la société civile, avec des violences volontaires ou des injures par ex, l'IGPN mène une enquête judiciaire puis renvoie tout ça chez le juge d'instruction qui instruit, et condamne (ou pas).



Mais alors, l’IGPN ça fonctionne ? Ce qu’on sait, c’est qu’elle est plutôt de plus en plus active, à l’image des grosses mobilisations de 2019 (Gilets Jaunes) : plus de 4000 signalements ont été déposés en ligne, l’IGPN a lancé 1460 enquêtes judiciaires, dont près de 900 portent sur les violences volontaires. C’est presque 300 de plus qu’en 2018 et 400 de plus qu'en 2017. Quant aux sanctions administratives, ce n’est pas l’IGPN qui décide mais l’institution policière elle-même : en 2019, elle a prononcé 1678 sanctions - de l'avertissement à l’exclusion (contre 2030 en 2018). Le prob, Bob, c’est que ces sanctions ne sont pas toujours suivies d’effet.

Publié dans la Quotidienne du
2/12/20