Kokopelli et les semences paysannes

Planète

Les graines de la discorde. Tu l’ignores peut-être mais les variétés des fruits et légumes que tu achètes dans le commerce figurent tous dans un catalogue officiel des espèces et variétés végétales. Ça veut dire que, depuis 1932, en France, les agriculteurs ne peuvent acheter que les semences (càd les graines) qui y sont répertoriées pour leurs cultures. Cela garantit leur homogénéité, leur performance, leur résistance, etc. Nombre d’entre elles sont des semences dites hybrides F1, qui sont issues d’une sélection génétique poussée pour obtenir, par ex, des tomates plus robustes pour le transport, toutes rouges, toutes lisses et toutes belles sur les étalages. Et ça concerne aussi bien l’agri non bio que bio !

Ok, et quel est le problème ? Pour les écolos et les mouvements paysans, le truc, c’est que la majeure partie de ces semences sont créées par des multinationales agrochimiques - comme Monsanto, Syngenta ou Dupont-Pioneer - qui déposent des brevets pour que ces graines leur appartiennent. Et les agriculteurs sont contraints de leur racheter chaque année des semences car elles sont souvent non reproductibles (on ne peut pas les replanter d’année en année). Ce qui crée une dépendance des agriculteurs envers ces firmes mais surtout une diminution de la biodiversité car certaines semences paysannes anciennes ne sont plus commercialisées. On aurait ainsi perdu en 1 siècle 75% de nos variétés potagères.

Depuis juin 2020, une loi autorise la vente de semences paysannes à des particuliers (mais toujours pas aux agriculteurs). Et depuis plus de 20 ans, l’asso Kokopelli, créée quand on dansait sur Baby One More time (oui, en 1999), se bat pour la promotion des semences libres. Concrètement, elle conserve et vend des variétés de semences paysannes qui ne sont pas le fruit de l'hybridation pour éviter qu’elles ne disparaissent. Et en plus, c’est français : cocorico !

Publié dans la Quotidienne du
27/4/21