Droit du (télé)travail : ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas

Work work work

Profession : télétravailleuse. Dit comme ça, ça a l'air clair, et pourtant, entre le déconfifi qui n'en est pas un et les différentes annonces, on est un peu lost in translation. On s'est retourné les neurones pour toi :

Le télétravail est dans le code du travail depuis 2012. Il doit être volontaire : pour ton boss et toi. C'est ni un droit, ni une obligation. Mais avec la pandémie, c'est l'employeur qui l'impose - ou pas - en fonction des conditions.

Mais la question, c'est la suite et les messages sont pas limpides : J.Castex demande que le télétravail soit la règle jusqu'au 20 janvier, alors que le Medef parle de commencer à partir de janvier à fonctionner sur un rythme "alterné", quelques jours = bureau, d'autres = canapé. En tous cas, tu vas continuer à bosser de chez toi de temps en temps, au moins jusqu'à la fin de la pandémie (sic), et peut-être après, si c'est devenu un kiffe pour ta boîte et toi. C'est pour ça que les syndicats et le patronat ont validé (presque tous) un nouvel Accord National Interprofessionnel.

L'enjeu, c'est d'encadrer et de mieux définir les droits et normes définies alors que le télétravail ne concernait qu'1 million de personnes versus 8 millions aujourd'hui. Ce qu'on sait : c'est un accord non contraignant qui vise surtout à inciter les entreprises et salariés à négocier, et à définir une "charte" du télétravail. Victoire des syndicats : l'entreprise ne pourra pas imposer du télétravail sur certains postes sans dialogue. Défaite : pas de prise en charge totale des frais liés au boulot-canap, l'employeur doit les "supporter". Comprendre : un peu de ton abonnement internet, ça se discute, la déco de ton salon, faut pas pousser.

Psst. Pour savoir ce qui est légal ou pas, spoiler : les exceptions font la règle. version du gouv, version d'avocates. On a aussi beaucoup aimé ce podcast (20 min) sur l'impact sociologique du télétravail.

Publié dans la Quotidienne du
30/11/20