Diana Brondel, banquière des ados

Money money

Diana Brondel : la banquière des ados. Tu te souviens de ta 1re carte bleue ? L’étui bleu nuit avec le logo de ta banque incrusté dedans, le sentiment de puissance à dépenser sans voir passer l'argent… et le savon de tes parents quand le prélèvement en différé de la fin du mois est bien supérieur à ce qu'il y avait sur ton compte. Oups. Depuis, ton découvert et toi vivez une grande histoire d’amour. Nous aussi, rassure-toi, mais pas Diana Brondel. À elle, l’argent ne fait pas peur.

Cette Franco-Sénégalaise, diplômée d’une grande école de commerce, a commencé sa carrière dans la banque. Un jour, son fils lui annonce les yeux dans les yeux qu’il compte s’acheter un magasin de jouets avec la pièce de 2 € qu’elle vient de lui donner. Elle comprend alors qu’il y a un problème de compréhension de la valeur de l’argent chez les kids et un champ immense pour les aider. Ni une ni deux, elle quitte la Société Générale en 2017 pour fonder Xaalys ("argent" en wolof), une néobanque pour ados de 12 à 17 ans.

Le concept : permettre aux enfants d’apprendre à gérer leur argent sous le contrôle de leurs parents, qui virent l’argent de poche de leur enfant sur son compte, choisissent le montant des dépenses et des retraits en modulant les plafonds. Les ados ont un RIB, une CB, et ils peuvent épargner seuls via des listes de souhaits ou à plusieurs avec des cagnottes. En prime, ils reçoivent régulièrement des contenus pédagogiques gamifiés sur l’argent.

L'aventure n’a pas été un long fleuve tranquille. Xaalys a levé 450 000 , mais a aussi échappé de peu à une fuite de données. Elle a conquis + de 20 000 clients, mais fait face à une concurrence de + en + rude. Mais Diana Brondel tient bon. Son équipe compte 13 salariés entre Paris et Dakar, et elle fait partie des 9 % de femmes à la tête d’une fintech.

Publié dans la Quotidienne du
23/6/22