Crise du coco et vie pro des femmes : la she-cession

Work work work

She cession. Un peu plus d’1 an après le grand confifi, on commence à voir de plus en plus clairement les effets du télétravail et de la crise écoconomique (tu l’as ?) sur les salariés. En France, on souffre d'une anxiété grandissante par rapport à notre avenir pro, du mélange pro - perso, on a l'impression d’apprendre moins, etc. Mais les femmes sont encore plus touchées - avec un double effet kiss cool pour les mères. Yep, le Forum économique mondial a fait le calcul, en 1 an de pandémie, on a perdu 36 ans, ou une génération, pour atteindre la parité dans le monde, maintenant prévue dans 135 ans environ. Voilà pourquoi :

- Dans le monde, les femmes ont été plus nombreuses à perdre leur emploi, notamment parce qu’elles sont surreprésentées dans les secteurs liés à la consommation. Ainsi, plus de 64 millions de femmes ont perdu leur job l'année dernière, soit une baisse de 5 % et une perte de revenus estimée à au moins 800 milliards de $. En comparaison, l'emploi des hommes n'a reculé que de 3,9 %. L’impact est particulièrement visible dans certains pays comme l’Italie par exemple, où 470 000 femmes l'ont perdu à cause du coco.
- En télétravail, elles sont moins nombreuses à avoir accès à une pièce dédiée pour bosser et sont plus interrompues par les enfants. Résultat, elles se trouvent moins productives, travaillent davantage en dehors des horaires habituels, elles sont plus stressées, dorment mal et ont du mal à couper.
- La crise a globalement accru la double charge de travail des femmes qui sont encore disproportionnellement impliquées aussi bien dans les tâches ménagères que dans le « Care » , càd le soin : aux enfants, aux personnes âgées etc. C’est ainsi qu’on voit des femmes de plus en plus nombreuses à travailler moins qu’elles le souhaiteraient ou à renoncer à leur activité professionnelle. En France, 40% des salariées souhaiteraient pouvoir réduire leurs horaires de travail à l’issue de la crise - vs 30% des salariés.
- Les femmes profitent moins de la récente banane du marché de l’emploi, leurs chances d’être recrutées pour un poste de dirigeant restant moindre. Cannelle sur le roll, fatiguées, les femmes lâchent l’affaire sur les à-côté du boulot : elles prennent moins la parole en réunion et négligent le networking. Autant d’outils indispensables pour se positionner pour une prochaine promotion.

« On risque de revenir 10 ans en arrière si les entreprises ne réfléchissent pas avec les femmes à leurs besoins et à leurs aspirations et si les hommes n’en tiennent pas compte » nous dit le cab de conseil Boston Consulting Group. On prend rdv avec les RH.

Publié dans la Quotidienne du
10/5/21