La France leader des obligations vertes. Ok, mais c'est quoi ?

Money money

Même mes obligations sont vertes ! Bah oui, parce que c'est la mode des obligations vertes chez les Européens. L’Angleterre a émis une 1ère obligation verte en mars 2021, et l'Italie l'a fait en février 2021. Côté français, on domine le game : 1ère obligation verte en 2017, qui était la 1ère aussi importante, puis le 16 mars, une 2ème pour 7 milliards d’€.

Verte ou pas verte, c'est quoi une obligation ? Dans la vie, c'est un devoir qu'on ne s'infligerait pas naturellement, comme porter un masque moche sur le nez dans la rue, par exemple. Mais en finance, l'obligation c'est un emprunt émis par un État, une collectivité ou une entreprise, qui devra être remboursé à plus ou moins long terme et qui, en attendant, donne droit à des intérêts à ceux qui ont prêté. Ici par ex, c'est l'État qui a émis le titre, donc c'est une obligation souveraine : c'est comme si la France était allée sur le marché financier et avait proposé aux investisseurs institutionnels - des très gros fonds - si ça les intéressait de prêter du blé jusqu'à 2044 pour qu'elle finance ses projets, en échange d'intérêts versés tous les ans.

C'est un mécanisme courant du financement des États qui peut être moins cher que l'emprunt à des banques. En France, on appelle ça une obligation assimilable du Trésor (OAT), ce sont des Bunds en Allemagne et des Treasury Bonds aux US. Ces obligations souveraines sont vues comme un investissement ultra safe car le risque de faillite d'un État est quasi nul et sa durée de vie a priori illimitée.


L’obligation verte, c’est tout pareil sauf que les pépettes empruntées doivent financer nos dépenses dans la lutte contre le changement climatique, la protection de la biodiversité ou la lutte contre la pollution. Et comme on cherche de plus en plus à investir "responsable" et que la France a la confiance des marchés, beaucoup d'investisseurs ont levé la main pour choper des titres et on a obtenu de super conditions. Le bémol, c’est qu’il n’existe pas encore de standard précis pour définir ce qui constitue projet environnemental, mais l’État s’engage à publier des rapports réguliers sur l’impact de ses dépenses grâce à un conseil d’experts indépendants.

Publié dans la Quotidienne du
25/3/21