Célébrer ou commémorer la Commune de Paris ?

In da city

COMMUNE OR NOT COMMUNE. La ville de Paris a lancé les célébrations des 150 ans de la Commune de Paris et ça fait débat. Si, comme nous, tu avais passé ce cours d'Histoire à roupiller près du radiateur, on fait un refresh.

  • La Commune c'est le soulèvement d'une partie peuple parisien qui a eu lieu pendant 72 jours, du 18 mars au 28 mai 1871. On est quelques semaines après la capitulation de Napoléon III à l'issue de la défaite de Sedan face à l'armée prussienne de Bismarck. Les Parisiens sortent alors de 135 jours de siège à se battre contre les Prussiens, ne sont pas d'accord avec le gouvernement provisoire dirigé par Adolphe Thiers qui accepte les conditions de la Prusse et cherche à récupérer les canons de la ville, stockés sur la Butte Montmartre. La Garde nationale de Paris et certains Parisiens qui auraient préféré continuer à se battre, s'y opposent. Ils proclament la Commune alors qu'Adolphe Thiers flippe et part avec sa team à Versailles.
  • En quelques semaines, la Commune élit ses représentants au sein du Comité communal plutôt divers socialement et politiquement et met en place un système politique de "Ville Libre" qui adopte des mesures assez avant-gardistes pour l'époque : liberté d'expression, d'association, séparation de l'Eglise et de l'Etat, union libre, égalité salariale entre les genres, démocratie directe... Pendant ce temps-là, les combats entre Communards et le gouvernement central font rage - avec des morts des 2 côtés - et la ville est parsemée de barricades. Finalement c'est l'armée nationale qui gagne, quand elle décide de réprimer du 21 au 28 mai, pendant la Semaine sanglante qui se termine avec l'exécution des Fédérés au Cimetière du Père Lachaise. Les évènements auraient fait entre 6500 et 20 000 morts.
  • Le truc c'est que, juste après, 2 façons de raconter l'histoire ont commencé à s'affronter : celle des pros vs celle des antis : une "légende noire" s'est attachée à dépeindre les Communards comme des sauvages hargneux et ultra violents qui avaient saccagé Paris dont l'Hôtel de Ville, le Palais des Tuileries, fait tombé la colonne de la Place Vendôme VS une "légende rouge" qui glorifiait les Communards et vendait des photos des plus célèbres d'entre eux comme Louise Michel par ex #cartespaninistyle.

C'est un peu ce même débat qu'on retrouve au sein même du Conseil de Paris - V2 du Comité communal : alors que la majorité de gauche, socialiste + écolo + communiste a décidé de célébrer cette Commune en tant que "la révolution la plus moderne, la plus large et la plus féconde de toutes celles qui ont illuminé l’histoire" (élue communiste Raphaëlle Primet), les élus de droite Les Républicains considèrent que "commémorer, c'est oui, célébrer, c'est non". (Rudolph Granier élu LR 18e arr.).

Publié dans la Quotidienne du
24/3/21