Le procès Bygmalion sur les comptes de campagne

In da city

Non, ce n’est pas le titre du dernier Club des 5, on veut parler du procès Bygmalion.

On restitue rapidos l’affaire Bygmalion : on est en 2012, pendant la campagne présidentielle, le candidat Sarkozy organise de nombreux meetings pour sa campagne. Meetings qui ont conduit à dépasser le max autorisé pour une campagne, et malgré un montage présumé pour faire financer le dépassement par son parti, l'UMP ; l'autorité de contrôle des financements de campagne (CNCCFP) considère que le plafond est dépassé, invalide les comptes et suspend le remboursement de la part publique de la campagne, le parti devra se débrouiller tout seul.

À un peu plus d’un an de la prochaine campagne présidentielle, ce procès conduit à se poser des questions sur le financement des campagnes électorales. On récapitule : en France, pour la Présidentielle, chaque campagne doit consigner ses dépenses à partir du jour où le Conseil Constitutionnel annonce les candidats officiels. Soit 1 an avant l’élection. Depuis 1988, en France, les montants dépensés par les candidats en campagne sont limités. On est l’un des seuls pays, avec la Belgique et le Brésil, à fixer un max. Pour un candidat qui est présent au 1er tour, le max est d’environ 17 millions, pour le 2e c’est autour de 22 millions. Et l’Etat prend en charge une partie du montant dépensé, en fonction du nombre de voix obtenues, cela va de 4,75% à 47,5% du plafond.

En plus du plafond, considéré trop bas par l’équipe de campagne du candidat Sarkozy, le financement de la campagne présidentielle française a d'autres particularités : pour éviter toute ingérence, les dons des entreprises et des organisations étrangères sont interdits et les dons des particuliers sont limités à 4600€ par personne et par an, mais la liste des donateurs n’est pas rendue publique, ce qui, pour le patron de l’ONG Transparencey International, conduit à nourrir de la défiance envers la démocratie. L’économiste Julia Cagé a aussi beaucoup planché sur le sujet et, pour elle, 4600€ pour un don de particulier, c’est trop, car, finalement, cela conduit les ménages les plus riches à peser plus dans les financements de la campagne, et indirectement à servir davantage les intérêts de ces derniers. Pour elle, en réduisant les dons à 200€ par ex, l'assiette de financeurs potentiels de la vie publique serait plus équilibrée.

Ils se mobilisent avec d'autres pour demander une réforme de ce financement et surtout pour doter la CNCCFP de beaucoup plus de moyens pour mieux contrôler pendant la campagne, et pas à posteriori. Comme toi avec ta compta perso, c'est plus facile de voir les bugs en regardant tous les jours qu'1 fois par an.

Par ici pour creuser en 3 minutes ce sujet du financement électoral ultra central dans notre démocratie.

Publié dans la Quotidienne du
17/3/21