Y a de la friture sur la ligne France-Maghreb

International
Par
L'équipe Voxe
Le
30/9/21

🗞 IN VISA VERITAS

Ce qu'il se passe.
Y a de la friture sur la ligne France-Maghreb.

Rembobine Nisrine, pourquoi donc ?
Pour forcer l’Algérie, le Maroc et la Tunisie à accepter leurs citoyens expulsés de France, le gouv français a décidé de réduire de 30 à 50% le nombre de visas qu’il délivre habituellement à ces 3 pays, pour une durée indéterminée. Ces visas concernent aussi bien des autorisations de travail que des étudiants, ou des gens qui souhaitent rendre visite à des proches, comme par ex des parents divorcés bi-nationaux qui vont voir leurs enfants, etc.

Ok, ils sont nombreux ?
Pour te donner une idée, au 1er semestre de 2020, environ 63 000 ressortissants de ces pays ont eu un visa pour la France, sur près de 100 000 demandes. Donc 30 à 50% d’autorisations en moins, ça concerne des milliers de personnes.

Quand même. Et pourquoi on est fâchés ?
Parce qu’au 1er trimestre 2021, moins de 3% des citoyens de ces 3 pays à qui le gouv a imposé de quitter le territoire français a finalement pu rentrer dans son pays d’origine, faute de laissez-passer. Pour comprendre, il faut détailler le process. Étape 1 : en cas de séjour irrégulier, le préfet émet une obligation de quitter le territoire français, une OQTF.

Je l'ai, et ensuite ?
Étape 2 : en France, les procédures d’expulsion étant soumises à des règles strictes, pour renvoyer quelqu’un dans son pays d’origine, il faut d’abord prouver sa nationalité. Etape 3 : quand la nationalité est prouvée, le pays d’origine produit un laissez-passer consulaire. Or, pour le gouv, ces 3 pays n’en délivrent pas assez : depuis début 2021, l'Algérie a reçu 22 migrants illégaux sur les 7731 OQTF, le Maroc, 80 sur 3301 et la Tunisie, 131 sur 3424.

Comment on explique ce décalage ?
C’est pas dit officiellement mais une des explications pourrait être qu’ils se sentent exclus des politiques migratoires européennes. Le Maroc, par exemple, est une terre de transit des migrations subsahariennes. Mais depuis des années, il a l’impression d’être traité comme un “objet”, et pas comme un partenaire.

Et sur place, les gens en pensent quoi ?
Tout le monde est bien fâché et cette décision est vécue comme une punition collective. Pour Mehdi Alioua, sociologue spécialiste des migrations, cette décision française est un hors-sujet maladroit car elle pénalise des personnes liées à la France pour s’attaquer à un sujet qui n’a rien à voir : l’immigration illégale.

Vaste sujet...
Et surtout, sujet dont on entend de plus en plus parler à 7 mois de l’élection présidentielle. Notamment dans le cadre de la potentielle candidature du polémiste E. Zemmour, qui se positionne fortement dessus, et aussi parce que des candidats de droite (X. Bertrand et M. Barnier) ou d'extrême-droite (Marine Le Pen) proposent un référendum sur l'immigration s'ils sont élus.

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Y a de la friture sur la ligne France-Maghreb.

Rembobine Nisrine, pourquoi donc ?
Pour forcer l’Algérie, le Maroc et la Tunisie à accepter leurs citoyens expulsés de France, le gouv français a décidé de réduire de 30 à 50% le nombre de visas qu’il délivre habituellement à ces 3 pays, pour une durée indéterminée. Ces visas concernent aussi bien des autorisations de travail que des étudiants, ou des gens qui souhaitent rendre visite à des proches, comme par ex des parents divorcés bi-nationaux qui vont voir leurs enfants, etc.

Ok, ils sont nombreux ?
Pour te donner une idée, au 1er semestre de 2020, environ 63 000 ressortissants de ces pays ont eu un visa pour la France, sur près de 100 000 demandes. Donc 30 à 50% d’autorisations en moins, ça concerne des milliers de personnes.

Quand même. Et pourquoi on est fâchés ?
Parce qu’au 1er trimestre 2021, moins de 3% des citoyens de ces 3 pays à qui le gouv a imposé de quitter le territoire français a finalement pu rentrer dans son pays d’origine, faute de laissez-passer. Pour comprendre, il faut détailler le process. Étape 1 : en cas de séjour irrégulier, le préfet émet une obligation de quitter le territoire français, une OQTF.

Je l'ai, et ensuite ?
Étape 2 : en France, les procédures d’expulsion étant soumises à des règles strictes, pour renvoyer quelqu’un dans son pays d’origine, il faut d’abord prouver sa nationalité. Etape 3 : quand la nationalité est prouvée, le pays d’origine produit un laissez-passer consulaire. Or, pour le gouv, ces 3 pays n’en délivrent pas assez : depuis début 2021, l'Algérie a reçu 22 migrants illégaux sur les 7731 OQTF, le Maroc, 80 sur 3301 et la Tunisie, 131 sur 3424.

Comment on explique ce décalage ?
C’est pas dit officiellement mais une des explications pourrait être qu’ils se sentent exclus des politiques migratoires européennes. Le Maroc, par exemple, est une terre de transit des migrations subsahariennes. Mais depuis des années, il a l’impression d’être traité comme un “objet”, et pas comme un partenaire.

Et sur place, les gens en pensent quoi ?
Tout le monde est bien fâché et cette décision est vécue comme une punition collective. Pour Mehdi Alioua, sociologue spécialiste des migrations, cette décision française est un hors-sujet maladroit car elle pénalise des personnes liées à la France pour s’attaquer à un sujet qui n’a rien à voir : l’immigration illégale.

Vaste sujet...
Et surtout, sujet dont on entend de plus en plus parler à 7 mois de l’élection présidentielle. Notamment dans le cadre de la potentielle candidature du polémiste E. Zemmour, qui se positionne fortement dessus, et aussi parce que des candidats de droite (X. Bertrand et M. Barnier) ou d'extrême-droite (Marine Le Pen) proposent un référendum sur l'immigration s'ils sont élus.

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