PLUS DE BLÉ

International
Par
L'équipe Voxe
Le
9/6/22

Ce qu'il se passe.
Russie et Turquie parlent de blé.

Rembobine Pauline, qu'est-ce que tu veux dire ?
Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, était en Turquie hier pour débloquer le blé coincé en Ukraine. L'armée russe contrôlant les ports d’Odessa, de Marioupol et de Berdiansk où se situent les stocks, environ 25 millions de tonnes de céréales sont bloquées et risquent d’être perdues.

Et c'est important ?
Oui. Avant la guerre, l’Ukraine était le 4e exportateur de blé mondial. Ukraine + Russie représentent à elles deux, 30 % des exportations de céréales sur la planète. Le conflit a pulvérisé cet équilibre économique : les exportations ukrainiennes de blé sont passées de 20 millions de tonnes/ an avant les hostilités à moins de 10 million prévus aujourd’hui. Résultat, les cours mondiaux ont explosé, de 280 €/t en début d’année à plus de 400 €/t actuellement. On craint donc une crise alimentaire, surtout en Afrique, à qui l’Ukraine et la Russie fournissent env 40 % du blé.

Ah quand même. Mais que veut la Russie ?
Il semblerait que le régime de Vladimir Poutine se serve du blé comme arme de chantage pour inciter les Occidentaux à lever ou alléger leurs sanctions à son encontre. Moscou est également accusé par l’Allemagne et les US de voler les céréales pour les vendre à son compte en Russie, au Moyen-Orient et en Afrique, ce qu’elle dément.

Oké, mais que vient faire la Turquie là-dedans ?
Plusieurs raisons poussent la Turquie dans cette négo : 1/ géographiquement, elle est un checkpoint de ces exportations. 2/ Elle veut se poser en médiatrice : autant rivale et membre de l'OTAN, que partenaire de la Russie, elle refuse de la sanctionner mais fournit tout de même des drones à l’Ukraine. 3/ Elle dépend à 78 % du blé russe et à 9 % du blé ukrainien, donc elle a à perdre et à gagner dans cette histoire.

Et alors, c'est quoi les solutions ?
L’idée, en cours de négociation entre Russie, Turquie et l’ONU, c’est de créer un corridor. La marine turque escorterait les bateaux ukrainiens pleins de céréales en mer Noire. Avantage collatéral pour Moscou : en acceptant ça, elle pourrait demander la levée des sanctions occidentales. Hier, rien de concret n’avait filtré des discussions.

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Ce qu'il se passe.
Russie et Turquie parlent de blé.

Rembobine Pauline, qu'est-ce que tu veux dire ?
Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, était en Turquie hier pour débloquer le blé coincé en Ukraine. L'armée russe contrôlant les ports d’Odessa, de Marioupol et de Berdiansk où se situent les stocks, environ 25 millions de tonnes de céréales sont bloquées et risquent d’être perdues.

Et c'est important ?
Oui. Avant la guerre, l’Ukraine était le 4e exportateur de blé mondial. Ukraine + Russie représentent à elles deux, 30 % des exportations de céréales sur la planète. Le conflit a pulvérisé cet équilibre économique : les exportations ukrainiennes de blé sont passées de 20 millions de tonnes/ an avant les hostilités à moins de 10 million prévus aujourd’hui. Résultat, les cours mondiaux ont explosé, de 280 €/t en début d’année à plus de 400 €/t actuellement. On craint donc une crise alimentaire, surtout en Afrique, à qui l’Ukraine et la Russie fournissent env 40 % du blé.

Ah quand même. Mais que veut la Russie ?
Il semblerait que le régime de Vladimir Poutine se serve du blé comme arme de chantage pour inciter les Occidentaux à lever ou alléger leurs sanctions à son encontre. Moscou est également accusé par l’Allemagne et les US de voler les céréales pour les vendre à son compte en Russie, au Moyen-Orient et en Afrique, ce qu’elle dément.

Oké, mais que vient faire la Turquie là-dedans ?
Plusieurs raisons poussent la Turquie dans cette négo : 1/ géographiquement, elle est un checkpoint de ces exportations. 2/ Elle veut se poser en médiatrice : autant rivale et membre de l'OTAN, que partenaire de la Russie, elle refuse de la sanctionner mais fournit tout de même des drones à l’Ukraine. 3/ Elle dépend à 78 % du blé russe et à 9 % du blé ukrainien, donc elle a à perdre et à gagner dans cette histoire.

Et alors, c'est quoi les solutions ?
L’idée, en cours de négociation entre Russie, Turquie et l’ONU, c’est de créer un corridor. La marine turque escorterait les bateaux ukrainiens pleins de céréales en mer Noire. Avantage collatéral pour Moscou : en acceptant ça, elle pourrait demander la levée des sanctions occidentales. Hier, rien de concret n’avait filtré des discussions.