OHAYO GOZAIMASU

International
Par
L'équipe Voxe
Le
5/10/21

🗞 OHAYO GOZAIMASU*

Ce qu'il se passe.
Le Japon a un nouveau patron.

Rembobine Hime, Premier ministre you mean ?
Exactement. Fumio Kishida a été élu Premier ministre par les députés avec 311 voix pour et 124 contre. Il remplace Yoshihide Suga, ultra impopulaire, qui a renoncé à se présenter aux législatives prévues à l’automne après seulement 1 an de mandat. Sa gestion contestée de l’épidémie et le maintien des Jeux Olympiques malgré la réticence des Japonais, l’obligent à laisser aussi sa place de Premier ministre. Fumio Kishida appartient au même parti, la droite conservatrice, comme 15 de ses 24 prédécesseurs depuis 1989.

Et c'est qui ce monsieur ?
Comme beaucoup de politiques au Japon, il est l’héritier d’une lignée : son grand-père et son père étaient députés avant lui. Il a été ministre des Affaires étrangères de 2012 à 2017. À défaut d’être très charismatique, il est rassurant. Il a 64 ans et milite pour le désarmement nucléaire dans le monde, ce qui est peut-être lié au fait qu’il est élu du district d'Hiroshima, là où a éclaté la bombe nucléaire américaine à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

C'est quoi les next steps ?
Des élections législatives à la fin du mois ou début novembre. Même s’il risque de perdre des sièges à cause de l’impopularité de son prédécesseur, il est quasi sûr de les remporter tant l’opposition est fragmentée façon puzzle.

D'ac, et les enjeux ?
Le Japon est la 3e puissance économique mondiale, c’est une riche économie de services qui ne connaît presque pas le chômage, mais sa croissance est mollassonne, plombée notamment par l’épidémie. Concrètement, le Japon repart plus lentement que d’autres : son économie a fait +1,3% entre avril et juin 2021, quand les US enregistraient +6,7% au 2e trimestre. C’est aussi l’État le plus endetté du monde : sa dette représente 223% des richesses qu’il produit chaque année. Autre enjeu : les Japonais n’ont pas assez de kids. Chaque année, le pays perd un peu plus que l’équivalent de la ville de Lyon.

Et donc, y a quoi sur la to-do de Fumio ?
Les élections législatives, on l’a dit. Visiblement, pas le mariage homosexuel, car le nouveau Premier ministre n’est "pas prêt". Au plan économique, il y a aussi un plan de relance post-coco de quelque 270 milliards de $. À long terme, son idée, c’est de poursuivre la stratégie de croissance de l’ancien Premier ministre Shinzo Abe, qui a marqué le pays en restant 8 ans aux manettes, les Abenomics.

Les Abeno-quoi ?
Les problèmes principaux du Japon ces dernières années sont 1/ la déflation - la baisse des prix, une spirale qui entraîne tout vers le bas : les prix mais aussi les salaires - et 2/ la croissance molle. Pour les résoudre, Shinzo Abe avait décidé d’investir dans l’économie pour la secouer, de baisser les coûts des crédits pour stimuler les investissements des particuliers et des entreprises, et de muscler la productivité. Mais les résultats n’ont pas été fou-fou.

Et côté international ?
Le Japon est coincé entre la menace nucléaire de la Corée du Nord et l’ambition de la Chine de devenir la 1re puissance mondiale. Avec elle, les relations ne sont pas à l’opposition frontale mais plutôt ambiance : fais juste gaffe à ne pas m’écraser trop fort les pieds. Avec les US, les Japonais sont très copains, ils font d’ailleurs partie du même club de coopération de la région avec l’Inde et l’Australie, le Quad.

Psst. *ça veut dire « Bonjour le matin »

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🗞 OHAYO GOZAIMASU*

Ce qu'il se passe.
Le Japon a un nouveau patron.

Rembobine Hime, Premier ministre you mean ?
Exactement. Fumio Kishida a été élu Premier ministre par les députés avec 311 voix pour et 124 contre. Il remplace Yoshihide Suga, ultra impopulaire, qui a renoncé à se présenter aux législatives prévues à l’automne après seulement 1 an de mandat. Sa gestion contestée de l’épidémie et le maintien des Jeux Olympiques malgré la réticence des Japonais, l’obligent à laisser aussi sa place de Premier ministre. Fumio Kishida appartient au même parti, la droite conservatrice, comme 15 de ses 24 prédécesseurs depuis 1989.

Et c'est qui ce monsieur ?
Comme beaucoup de politiques au Japon, il est l’héritier d’une lignée : son grand-père et son père étaient députés avant lui. Il a été ministre des Affaires étrangères de 2012 à 2017. À défaut d’être très charismatique, il est rassurant. Il a 64 ans et milite pour le désarmement nucléaire dans le monde, ce qui est peut-être lié au fait qu’il est élu du district d'Hiroshima, là où a éclaté la bombe nucléaire américaine à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

C'est quoi les next steps ?
Des élections législatives à la fin du mois ou début novembre. Même s’il risque de perdre des sièges à cause de l’impopularité de son prédécesseur, il est quasi sûr de les remporter tant l’opposition est fragmentée façon puzzle.

D'ac, et les enjeux ?
Le Japon est la 3e puissance économique mondiale, c’est une riche économie de services qui ne connaît presque pas le chômage, mais sa croissance est mollassonne, plombée notamment par l’épidémie. Concrètement, le Japon repart plus lentement que d’autres : son économie a fait +1,3% entre avril et juin 2021, quand les US enregistraient +6,7% au 2e trimestre. C’est aussi l’État le plus endetté du monde : sa dette représente 223% des richesses qu’il produit chaque année. Autre enjeu : les Japonais n’ont pas assez de kids. Chaque année, le pays perd un peu plus que l’équivalent de la ville de Lyon.

Et donc, y a quoi sur la to-do de Fumio ?
Les élections législatives, on l’a dit. Visiblement, pas le mariage homosexuel, car le nouveau Premier ministre n’est "pas prêt". Au plan économique, il y a aussi un plan de relance post-coco de quelque 270 milliards de $. À long terme, son idée, c’est de poursuivre la stratégie de croissance de l’ancien Premier ministre Shinzo Abe, qui a marqué le pays en restant 8 ans aux manettes, les Abenomics.

Les Abeno-quoi ?
Les problèmes principaux du Japon ces dernières années sont 1/ la déflation - la baisse des prix, une spirale qui entraîne tout vers le bas : les prix mais aussi les salaires - et 2/ la croissance molle. Pour les résoudre, Shinzo Abe avait décidé d’investir dans l’économie pour la secouer, de baisser les coûts des crédits pour stimuler les investissements des particuliers et des entreprises, et de muscler la productivité. Mais les résultats n’ont pas été fou-fou.

Et côté international ?
Le Japon est coincé entre la menace nucléaire de la Corée du Nord et l’ambition de la Chine de devenir la 1re puissance mondiale. Avec elle, les relations ne sont pas à l’opposition frontale mais plutôt ambiance : fais juste gaffe à ne pas m’écraser trop fort les pieds. Avec les US, les Japonais sont très copains, ils font d’ailleurs partie du même club de coopération de la région avec l’Inde et l’Australie, le Quad.

Psst. *ça veut dire « Bonjour le matin »

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