Les prix du gaz et du pétrole s’emballent.

Energie
Par
L'équipe Voxe
Le
24/9/21

🗞 AZIZ, LUMIÈRE !

Ce qu'il se passe.
Les prix du gaz et du pétrole s’emballent.

Rembobine Léontine, vraiment ?
Oui, plutôt. Depuis début 2020, on estime la montée de +13 à 15% pour le gazole et le sans-plomb, les deux carburants les plus consommés en France. Pour le gaz, on parle d’une hausse de 15% depuis début 2019. Et c’est pareil aux US. Cet échauffement pose une question sociale - qui paye la douloureuse ? - et sociétale - est-ce que le modèle va tenir quand son système sanguin s’assèche ?

Comment on explique cette grimpette ?
Il y a des raisons conjoncturelles (1), structurelles (2) et géopolitiques. 1 : Les acheteurs sur les marchés anticipent la reprise économique mondiale post-coco et font ainsi grimper les prix. Aussi, en Europe, la météo 2020 nous a fait monter le chauffage et a affecté nos stocks de gaz. Et depuis quelques temps, faute de vent, les éoliennes sont à l’arrêt. Résultat, on a consommé plus de gaz pour compenser cette perte de production et que tu puisses continuer à appuyer sur l’interrupteur. Autre cause conjoncturelle, la prod de pétrole US rame à repartir après l’ouragan Ida. Si cette prod compte surtout pour eux, on peut imaginer qu’elle pèse sur les prix du marché.

Et les raisons structurelles ?
2 : Nos sources d’approvisionnements naturelles s’épuisent. En Europe, par ex, la poche de la mer du Nord qui nous fournit en gaz touche à sa fin. Le problème, c’est que nos plans de relance verts actuels considèrent que le gaz doit seconder les énergies renouvelables. Ce qui fait dire à certains que notre transition écolo nous rend, paradoxalement, plus dépendants du gaz et de ses variations de prix.

Et donc ?
Donc si tu cumules assèchement de nos sources d’approvisionnement + besoins accrus avec la transition + galères conjoncturelles, ça donne = Privet Russia. Oui, parce que la Russie est le premier fournisseur de gaz de l’Europe. Et on n'en est pas à une montagne (russe) émotionnelle près, car l’Europe et les US soupçonnent même Vladimir Poutine, le président russe, de fermer ses robinets pour faire monter la fièvre.

Woké, mais ça va durer ?
C’est là que revoilà la sous-préfète, aka, la Russie, qui propose d’apaiser les humeurs du marché du gaz avec le nouveau pipeline, le North stream 2. C’est un gazoduc - en clair, un tuyau - qui relie la Russie et l’Allemagne via la mer Baltique, et devrait permettre de doubler les exportations de gaz russe vers celle-ci. Il pourrait commencer à fonctionner début 2022, ce qui pourrait faire baisser les prix d’un côté mais nous rendre encore plus dépendants de la Russie de l’autre.

Capiche, et les conséquences ?
56% des Français estiment que leur pouvoir d’achat diminue. Sachant que c’est l’augmentation des prix du pétrole qui avait, entre autres, déclenché les manifs des Gilets Jaunes en 2018, les gouvernements européens multiplient les aides pour adoucir l’addition de celles et ceux dont les poches ne sont pas profondes. Côté gaz, ce sont les plus pauvres qui payent le plus cher à vivre dans des appartements mal isolés. On estime que 34 millions d’Européens ne peuvent pas se chauffer (sur 446 millions).

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🗞 AZIZ, LUMIÈRE !

Ce qu'il se passe.
Les prix du gaz et du pétrole s’emballent.

Rembobine Léontine, vraiment ?
Oui, plutôt. Depuis début 2020, on estime la montée de +13 à 15% pour le gazole et le sans-plomb, les deux carburants les plus consommés en France. Pour le gaz, on parle d’une hausse de 15% depuis début 2019. Et c’est pareil aux US. Cet échauffement pose une question sociale - qui paye la douloureuse ? - et sociétale - est-ce que le modèle va tenir quand son système sanguin s’assèche ?

Comment on explique cette grimpette ?
Il y a des raisons conjoncturelles (1), structurelles (2) et géopolitiques. 1 : Les acheteurs sur les marchés anticipent la reprise économique mondiale post-coco et font ainsi grimper les prix. Aussi, en Europe, la météo 2020 nous a fait monter le chauffage et a affecté nos stocks de gaz. Et depuis quelques temps, faute de vent, les éoliennes sont à l’arrêt. Résultat, on a consommé plus de gaz pour compenser cette perte de production et que tu puisses continuer à appuyer sur l’interrupteur. Autre cause conjoncturelle, la prod de pétrole US rame à repartir après l’ouragan Ida. Si cette prod compte surtout pour eux, on peut imaginer qu’elle pèse sur les prix du marché.

Et les raisons structurelles ?
2 : Nos sources d’approvisionnements naturelles s’épuisent. En Europe, par ex, la poche de la mer du Nord qui nous fournit en gaz touche à sa fin. Le problème, c’est que nos plans de relance verts actuels considèrent que le gaz doit seconder les énergies renouvelables. Ce qui fait dire à certains que notre transition écolo nous rend, paradoxalement, plus dépendants du gaz et de ses variations de prix.

Et donc ?
Donc si tu cumules assèchement de nos sources d’approvisionnement + besoins accrus avec la transition + galères conjoncturelles, ça donne = Privet Russia. Oui, parce que la Russie est le premier fournisseur de gaz de l’Europe. Et on n'en est pas à une montagne (russe) émotionnelle près, car l’Europe et les US soupçonnent même Vladimir Poutine, le président russe, de fermer ses robinets pour faire monter la fièvre.

Woké, mais ça va durer ?
C’est là que revoilà la sous-préfète, aka, la Russie, qui propose d’apaiser les humeurs du marché du gaz avec le nouveau pipeline, le North stream 2. C’est un gazoduc - en clair, un tuyau - qui relie la Russie et l’Allemagne via la mer Baltique, et devrait permettre de doubler les exportations de gaz russe vers celle-ci. Il pourrait commencer à fonctionner début 2022, ce qui pourrait faire baisser les prix d’un côté mais nous rendre encore plus dépendants de la Russie de l’autre.

Capiche, et les conséquences ?
56% des Français estiment que leur pouvoir d’achat diminue. Sachant que c’est l’augmentation des prix du pétrole qui avait, entre autres, déclenché les manifs des Gilets Jaunes en 2018, les gouvernements européens multiplient les aides pour adoucir l’addition de celles et ceux dont les poches ne sont pas profondes. Côté gaz, ce sont les plus pauvres qui payent le plus cher à vivre dans des appartements mal isolés. On estime que 34 millions d’Européens ne peuvent pas se chauffer (sur 446 millions).

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