La journée internationale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie

Droits humains
Par
L'équipe Voxe
Le
18/5/21

Rembobine Aline, c'est quoi l'histoire de cette journée ?
Elle est créée en 2004 par Louis-George Tin, universitaire et militant contre l’homophobie et le racisme. Elle fait référence au 17 mai 1990, le jour où l’Orga mondiale de la Santé retire l’homosexualité de la liste des maladies mentales. L’idée c’est de promouvoir dans le monde l’égalité des droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées (LGBT+), qui souffrent de violences, d'exclusion, de discrimination.

Et en France, on en est où ?
Déjà ce sont des actes punis par la loi. En France, la diffamation homophobe ou transphobe est punie de 45 000€ d’amende et d’1 an de prison par exemple. En 2019, les policiers et gendarmes ont recensé 1870 victimes d’actes homophobes ou transphobes, contre 1380 en 2018. 55% des personnes LGBT+ ont subi des actes anti-LGBT+ au cours de leur vie et notamment dans le monde pro. Les victimes déclarées sont principalement des hommes jeunes, dont 33% sont injuriés et 28% violentés physiquement et/ou sexuellement. Pour les femmes lesbiennes, c’est la double peine. Selon une étude de 2009, menée par une association, 22% d’entre elles ressentent une discrimination à la fois homophobe et sexiste. Les LGBT+ souffrent particulièrement au taf : la moitié des personnes, dans le public et le privé, pensent que révéler son homosexualité au travail = malaise pour leurs collègues. De la recherche de job aux commentaires au bureau, ces discriminations se traduisent aussi en pépettes : dans le privé, un homme homosexuel gagne 6,5% de moins que son collègue hétéro. Conséquence terrible, les LGBT+ sont 4x plus susceptibles de se suicider que l’ensemble de la population et les personnes trans, 7 fois plus.

Et dans le monde ?
L’homosexualité est encore pénalisée dans 69 pays du monde, dont 12 où ça va jusqu’à la peine de mort. Du côté des bonnes nouvelles et lors des 5 dernières années, le Gabon, l’Angola, Trinité et Tobago, Taïwan, l’Inde, Nauru (ici), le Botswana, le Liban et les Seychelles ont légalisé l’homosexualité. Dans le monde, 29 États autorisent le mariage homosexuel. Pour résumer, c’est en Europe, en Amérique du Nord et en Amérique latine que les lois interdisant l’homosexualité ont été abolies. C’est en Afrique et en Asie que les situations sont très contrastées en fonction des pays. Mais, même si un pays dépénalise l’homosexualité , la vie n’y devient pas pour autant un long fleuve tranquille. Exemple 1 : la Côte d’Ivoire n’a jamais interdit l’homosexualité mais cela n’empêche pas les agressions homophobes. Exemple 2 : en France, les discriminations homophobes sont interdites par la loi mais on l’a vu, elles persistent. Comme avec les “thérapies de conversion”, des actes de maltraitance qui prétendent changer l’orientation sexuelle d’une personne.

Clairement. Mais on progresse ?
Disons que, si la situation est loin d’être idéale, on l’a vu, depuis les années 80, le droit a progressé et les mentalités aussi. En France, l’homosexualité n’est plus une maladie mentale depuis 1981. Pareil pour le transsexualisme depuis 2010. Côté love et famille, le PACS existe depuis 1999 et le mariage s’est ouvert à tous en 2013. En 2016, changer de prénom et d’état civil devient plus simple. La même année, via la même loi, pour les personnes qui veulent changer de sexe, certains soins médicaux sont remboursés par la Sécu. Le 11 mars 2021, l’Europe a été déclarée zone de liberté LGBT+, comprendre, les 27 pays européens s’engagent à promouvoir l’égalité et les droits fondamentaux pour tous et toutes. Côté mentalités, en 2019, 85% des Français considèrent l'homosexualité comme une manière de vivre sa sexualité comme une autre, versus 24% en 1975.

Je vois. Et c'est tout ?
Non. Le gouv français mène depuis octobre dernier un plan pour l’égalité des droits contre la haine et les discriminations anti-LGBT+. Il comporte 42 actions, comme faciliter l’utilisation d’un prénom d’usage de son choix, la lutte contre les “thérapies de conversion”, l’inclusion des familles monoparentales dans les formulaires administratifs, ou encore la formation de référents LGBT+ dans les commissariats pour accueillir au mieux les victimes.

Psst. Pour aider et accompagner les victimes ou les témoins de discriminations, le Défenseur des droits, l'institution qui défend les droits des citoyens, a lancé une plateforme. Pour celles et ceux qui veulent comprendre ce que sont les “thérapies de conversion”, on nous a dit beaucoup de bien de cette enquête.

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