JE SUIS MALADE*

Les services des urgences craquent

France
Par
L'équipe Voxe
Le
1/6/22

Ce qu'il se passe.
Les urgences craquent.

Rembobine Célestine, pourquoi tu m'en parles ?
Parce que le président Macron est allé à l’hôpital de Cherbourg hier avec la ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon. En ce moment, 120 services d'urgences ferment, soit totalement ou partiellement, ou s’y préparent faute de personnel. C’est presque 20 % des 620 hôpitaux privés ou publics qui hébergent des services d’urgences.

Wow, comment on l'explique ?
Les symptômes récents du malade hôpital sont connus : épidémie de burn out post-coco et fuite de personnel faute de reconnaissance. On identifie aussi les origines de sa maladie : le manque de médecins généralistes, qui reporte notamment les patients aux urgences. À ça, ajoute les lits qui ferment ailleurs par manque de personnel. C’est l’étranglement. Puis ça devient un cercle vicieux, car moins de personnel, c’est une charge encore plus importante pour ceux qui restent. Outre l’épuisement des soignants, le risque, c’est l’erreur médicale et des morts évitables.

Mais y avait pas eu une réforme ?
Si, le Ségur de la santé, de mai à juillet 2020, dont les 2 grandes décisions étaient d’allouer 19 milliards € pour investir dans le système de santé et 8,2 milliards € pour mieux rémunérer les soignants. Mais pour le patron des hôpitaux parisiens, le Ségur de la santé est plutôt à considérer comme "un rattrapage du passé plus que comme un gage de reconnaissance pour l'avenir". D’ailleurs, l’hôpital a toujours du mal à recruter. À Paris, il manque 1 400 infirmiers dans les hôpitaux publics.

Et les solutions ?
À court terme, les autorités envisagent d’appeler des étudiants de dernière année en renfort, ou encore de demander aux soignants de limiter leurs vacances cet été. Mais pour beaucoup d’entre eux, c’est un pansement sur une jambe de bois car leur demander encore des efforts, c’est s’exposer à plus de démissions à la rentrée.

Je vois, donc le problème est plus large.
Pour certains, comme le patron des hôpitaux publics de Marseille, oui, c’est le symptôme d’une organisation défaillante. Depuis les années 2000, il n’y a plus de médecins généralistes de garde et seules les urgences accueillent tout le temps les patients. Alors la Fédération hospitalière de France propose de leur demander de reprendre des gardes, mais l’idée ne fait pas l’unanimité, car elle oppose la médecine de ville aux hôpitaux.

Psst. Avec la bande son, si triste mais si belle.

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Ce qu'il se passe.
Les urgences craquent.

Rembobine Célestine, pourquoi tu m'en parles ?
Parce que le président Macron est allé à l’hôpital de Cherbourg hier avec la ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon. En ce moment, 120 services d'urgences ferment, soit totalement ou partiellement, ou s’y préparent faute de personnel. C’est presque 20 % des 620 hôpitaux privés ou publics qui hébergent des services d’urgences.

Wow, comment on l'explique ?
Les symptômes récents du malade hôpital sont connus : épidémie de burn out post-coco et fuite de personnel faute de reconnaissance. On identifie aussi les origines de sa maladie : le manque de médecins généralistes, qui reporte notamment les patients aux urgences. À ça, ajoute les lits qui ferment ailleurs par manque de personnel. C’est l’étranglement. Puis ça devient un cercle vicieux, car moins de personnel, c’est une charge encore plus importante pour ceux qui restent. Outre l’épuisement des soignants, le risque, c’est l’erreur médicale et des morts évitables.

Mais y avait pas eu une réforme ?
Si, le Ségur de la santé, de mai à juillet 2020, dont les 2 grandes décisions étaient d’allouer 19 milliards € pour investir dans le système de santé et 8,2 milliards € pour mieux rémunérer les soignants. Mais pour le patron des hôpitaux parisiens, le Ségur de la santé est plutôt à considérer comme "un rattrapage du passé plus que comme un gage de reconnaissance pour l'avenir". D’ailleurs, l’hôpital a toujours du mal à recruter. À Paris, il manque 1 400 infirmiers dans les hôpitaux publics.

Et les solutions ?
À court terme, les autorités envisagent d’appeler des étudiants de dernière année en renfort, ou encore de demander aux soignants de limiter leurs vacances cet été. Mais pour beaucoup d’entre eux, c’est un pansement sur une jambe de bois car leur demander encore des efforts, c’est s’exposer à plus de démissions à la rentrée.

Je vois, donc le problème est plus large.
Pour certains, comme le patron des hôpitaux publics de Marseille, oui, c’est le symptôme d’une organisation défaillante. Depuis les années 2000, il n’y a plus de médecins généralistes de garde et seules les urgences accueillent tout le temps les patients. Alors la Fédération hospitalière de France propose de leur demander de reprendre des gardes, mais l’idée ne fait pas l’unanimité, car elle oppose la médecine de ville aux hôpitaux.

Psst. Avec la bande son, si triste mais si belle.