I'VE GOT THE POWER

Les 5 ans de pouvoir absolu du président turc Recep Tayyip Erdogan

International
Par
L'équipe Voxe
Le
19/4/22

Ce qu'il se passe.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan fête ses 5 ans de pouvoir absolu.

Rembobine Aydin, j'étais en train de renvoyer mes Kinder.
Le 16 avril 2017, les Turcs votent par référendum pour réformer leur Constitution. Le oui l’emporte de peu, et on passe d’un système parlementaire à un régime présidentiel, ce qui permet au président Recep Tayyip Erdogan de concentrer la plupart des pouvoirs entre ses mains.

Parle-moi de lui.
C’est un conservateur islamiste, dans le sens où il souhaite re-islamiser la Turquie en imposant des règles religieuses dans la société. Il dirige le pays depuis presque 20 ans, d’abord comme Premier ministre puis comme président. À son arrivée au pouvoir, il incarnait l’espoir d’une modernisation du pays avec la promesse de réformes économiques, de liberté religieuse et d’intégration à l’Europe.

Mais ?
Rapidement, ses opposants dénoncent un discours ambivalent. Peu à peu, il durcit effectivement le pouvoir en contrôlant la quasi-totalité des médias, en arrêtant des dizaines de milliers d’opposants et en se débarrassant de ses adversaires au sein de la justice, de la police, de l’enseignement, ou chez les journalistes. Autant de comportements condamnés par les pays occidentaux et par la justice internationale.

Je vois, et sur place ?
Cet immense pays de 83 millions d’habitants, à cheval entre l’Europe et l’Asie, est en grave crise économique depuis plus d’1 an, marquée par une inflation effarante et galopante : le prix des transports a augmenté de + de 99 %. Pour avoir refusé d’augmenter les taux d’intérêts qui auraient permis de l’endiguer, on l’accuse d’en être responsable.

Et la guerre en Ukraine dans tout ça ?
La Turquie est à la fois rivale et partenaire de la Russie, et membre de l’OTAN depuis 1952. Erdogan se positionne comme médiateur, hébergeant les négos sur son sol. Un équilibre pas facile à tenir, car la Turquie dépend de la Russie pour son énergie, qui lui fournit 45 % de son gaz, mais l'Ukraine lui fournit 15 % de son blé.

Ah oui, touchy.
Comme tu dis. Résultat, la Turquie ménage la chèvre et le chou : d'un côté, elle soutient l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, et en bloquant le Bosphore, elle empêche les forces russes d’envoyer des renforts navals en Ukraine. De l’autre, elle n’applique pas les sanctions envers la Russie et accueille les oligarques qui souhaitent s’y réfugier. Une posture qui peut être utile à Erdogan alors que l’élection présidentielle aura lieu en juin.

Malheureusement, cet article est uniquement disponible pour les abonnés du Club de Voxe.

Inscrivez-vous au club ou connectez-vous à votre compte.

Ce qu'il se passe.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan fête ses 5 ans de pouvoir absolu.

Rembobine Aydin, j'étais en train de renvoyer mes Kinder.
Le 16 avril 2017, les Turcs votent par référendum pour réformer leur Constitution. Le oui l’emporte de peu, et on passe d’un système parlementaire à un régime présidentiel, ce qui permet au président Recep Tayyip Erdogan de concentrer la plupart des pouvoirs entre ses mains.

Parle-moi de lui.
C’est un conservateur islamiste, dans le sens où il souhaite re-islamiser la Turquie en imposant des règles religieuses dans la société. Il dirige le pays depuis presque 20 ans, d’abord comme Premier ministre puis comme président. À son arrivée au pouvoir, il incarnait l’espoir d’une modernisation du pays avec la promesse de réformes économiques, de liberté religieuse et d’intégration à l’Europe.

Mais ?
Rapidement, ses opposants dénoncent un discours ambivalent. Peu à peu, il durcit effectivement le pouvoir en contrôlant la quasi-totalité des médias, en arrêtant des dizaines de milliers d’opposants et en se débarrassant de ses adversaires au sein de la justice, de la police, de l’enseignement, ou chez les journalistes. Autant de comportements condamnés par les pays occidentaux et par la justice internationale.

Je vois, et sur place ?
Cet immense pays de 83 millions d’habitants, à cheval entre l’Europe et l’Asie, est en grave crise économique depuis plus d’1 an, marquée par une inflation effarante et galopante : le prix des transports a augmenté de + de 99 %. Pour avoir refusé d’augmenter les taux d’intérêts qui auraient permis de l’endiguer, on l’accuse d’en être responsable.

Et la guerre en Ukraine dans tout ça ?
La Turquie est à la fois rivale et partenaire de la Russie, et membre de l’OTAN depuis 1952. Erdogan se positionne comme médiateur, hébergeant les négos sur son sol. Un équilibre pas facile à tenir, car la Turquie dépend de la Russie pour son énergie, qui lui fournit 45 % de son gaz, mais l'Ukraine lui fournit 15 % de son blé.

Ah oui, touchy.
Comme tu dis. Résultat, la Turquie ménage la chèvre et le chou : d'un côté, elle soutient l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, et en bloquant le Bosphore, elle empêche les forces russes d’envoyer des renforts navals en Ukraine. De l’autre, elle n’applique pas les sanctions envers la Russie et accueille les oligarques qui souhaitent s’y réfugier. Une posture qui peut être utile à Erdogan alors que l’élection présidentielle aura lieu en juin.