FEU

Dans quel cadre un policier peut-il tirer ?

Société
Par
L'équipe Voxe
Le
8/6/22

Ce qu'il se passe.
Samedi, des policiers ont tiré et tué une femme lors d’un contrôle.

Rembobine Alexandrine, il paraît.
En fin de matinée à Paris, 3 policiers auraient remarqué, dans une voiture, une passagère ne portant pas sa ceinture. Ils auraient alors essayé de la contrôler. Ils affirment ensuite que la voiture leur a foncé dessus, avant de s’échapper, ce que contredisent des témoins sur place. 2 des 3 policiers auraient alors sorti leur arme et tiré. Elle n’a pas survécu, et le conducteur était toujours hospitalisé hier après-midi.

Mais ils avaient le droit de tirer ?
C’est toute la question. Jusqu’en 2017, un policier peut employer son arme de manière proportionnelle au danger, uniquement quand sa vie ou celle de quelqu’un d’autre est menacée. Càd en cas de légitime défense. Mais entre les 2 tours de la présidentielle de 2012, un policier est mis en examen pour avoir tiré dans le dos d’une personne. Les syndicats de police demandent alors à changer la loi pour protéger leurs rangs des risques de poursuites judiciaires. Rien ne change jusqu’au 8 octobre 2016, quand 4 policiers sont gravement agressés à Viry-Châtillon, dans l'Essonne. Ils manifestent.

Et ?
Le 28 février 2017, une nouvelle loi permet aux policiers de tirer plus facilement en cas de refus d'obtempérer. Concrètement, si des policiers considèrent que la personne risque de ou va porter atteinte à leur vie ou celle d’autrui, ils peuvent utiliser leur arme. La différence, c’est menace directe (= légitime défense) vs risque. Selon un chercheur qui a consulté une note de la police des polices, l’IGPN, dès le 1er trimestre 2017, le nombre de tirs de policiers et de gendarmes aurait alors augmenté de 50 % par rapport à la même période en 2016.

Qui en pense quoi ?
Côté politique, pour schématiser à la hache, la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon en tête, dénonce des abus de pouvoir de la police. La gauche moins à gauche temporise. La droite et l’extrême droite défendent la police et son ministre Gérald Darmanin (Intérieur).

Et les policiers ?
L’avocat des policiers impliqués dit qu’ils sont dévastés. Pour leurs syndicats, l’augmentation des tirs s'explique par la plus fréquente exposition des policiers à la violence. Ce risque annuel moyen serait passé de 2 % de 2007-2012 à 5 % entre 2013 et 2018.

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Ce qu'il se passe.
Samedi, des policiers ont tiré et tué une femme lors d’un contrôle.

Rembobine Alexandrine, il paraît.
En fin de matinée à Paris, 3 policiers auraient remarqué, dans une voiture, une passagère ne portant pas sa ceinture. Ils auraient alors essayé de la contrôler. Ils affirment ensuite que la voiture leur a foncé dessus, avant de s’échapper, ce que contredisent des témoins sur place. 2 des 3 policiers auraient alors sorti leur arme et tiré. Elle n’a pas survécu, et le conducteur était toujours hospitalisé hier après-midi.

Mais ils avaient le droit de tirer ?
C’est toute la question. Jusqu’en 2017, un policier peut employer son arme de manière proportionnelle au danger, uniquement quand sa vie ou celle de quelqu’un d’autre est menacée. Càd en cas de légitime défense. Mais entre les 2 tours de la présidentielle de 2012, un policier est mis en examen pour avoir tiré dans le dos d’une personne. Les syndicats de police demandent alors à changer la loi pour protéger leurs rangs des risques de poursuites judiciaires. Rien ne change jusqu’au 8 octobre 2016, quand 4 policiers sont gravement agressés à Viry-Châtillon, dans l'Essonne. Ils manifestent.

Et ?
Le 28 février 2017, une nouvelle loi permet aux policiers de tirer plus facilement en cas de refus d'obtempérer. Concrètement, si des policiers considèrent que la personne risque de ou va porter atteinte à leur vie ou celle d’autrui, ils peuvent utiliser leur arme. La différence, c’est menace directe (= légitime défense) vs risque. Selon un chercheur qui a consulté une note de la police des polices, l’IGPN, dès le 1er trimestre 2017, le nombre de tirs de policiers et de gendarmes aurait alors augmenté de 50 % par rapport à la même période en 2016.

Qui en pense quoi ?
Côté politique, pour schématiser à la hache, la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon en tête, dénonce des abus de pouvoir de la police. La gauche moins à gauche temporise. La droite et l’extrême droite défendent la police et son ministre Gérald Darmanin (Intérieur).

Et les policiers ?
L’avocat des policiers impliqués dit qu’ils sont dévastés. Pour leurs syndicats, l’augmentation des tirs s'explique par la plus fréquente exposition des policiers à la violence. Ce risque annuel moyen serait passé de 2 % de 2007-2012 à 5 % entre 2013 et 2018.