Faut-il effacer la dette européenne ?

Faut-il effacer la dette européenne ?

Economie
Par
L'équipe Voxe
Le
8/2/21

🗞$AVE DAT MONEY

Ce qu'il se passe.
Les économistes s'affrontent pour savoir s'il faut annuler ou rembourser la dette européenne.

Rembobine Christine, j'ai pas suivi.
Vendredi dernier, 100 économistes, dont Thomas Piketty, proche du Parti socialiste, ont demandé une annulation de la dette publique détenue par la Banque centrale européenne (BCE) pour faciliter la reconstruction sociale et environnementale post cocovirus. Mais hier, la patronne de la BCE, la française Christine Lagarde, a répondu que ça allait pas être possible, non, pas être possible.

Vazy, fais-moi le tableau.
Yep, alors déjà, la dette c’est la somme des emprunts de l’État et des administrations publiques. À ne pas confondre avec le déficit public qui est la différence entre les recettes - l’argent que gagne l’Etat - et les dépenses. Chez nous, on est les deux : endettés et déficitaires ! En France, la dette s’élève en ce moment à plus de 2000 milliards d’€, soit 120% du PIB - l’indicateur qui mesure la richesse produite dans le pays chaque année. Cela veut dire qu’on doit plus d’argent que ce que l’on gagne chaque année. Mais on est pas les seuls à dépasser 100% du PIB, c’est pareil chez les Grecs, les Italiens, les Portugais et les Belges. Alors que l’Europe tourne en moyenne autour de 80% du PIB.

Mais d'où viennent les €€ ?
Un État dispose de 3 moyens pour financer son budget : dépenser moins, prélever plus, emprunter. En ce moment, la France emprunte puisque l’idée est justement de pallier les pertes de revenus des Français et de soutenir les services publics essentiels, donc ce n’est ni le moment d’augmenter les impôts, ni de dépenser moins et serrer la ceinture de l’hôpital. C’est pareil partout et, globalement depuis le corona, le monde se réduit à une catégorie : ceux qui creusent leur dette.  

On doit cet argent à qui ?
On a 2 grandes catégories de créanciers (= prêteurs) : les institutionnels (Banque Centrale, banques commerciales, assurances, etc) d’un côté, et les particuliers de l’autre via les assurances-vie en fonds €. En Europe, près de 25% des dettes publiques sont détenues par la BCE, le côté instit’ du game donc.

Ok, je l'ai, c'est celle-là qu'on veut annuler.
Bien vu, Manu ! Les économistes qui ont signé la tribune proposent qu’on passe un deal avec la BCE : elle annule la dette et, en contrepartie, les États européens s’engagent à mettre ces pépettes dans la reconstruction écologique et sociale. Au total, cela représenterait 2 500 milliards d’€. De quoi, selon eux, amorcer une solide transition vers le Monde d’Après. Ils affirment que c’est possible financièrement et juridiquement et qu’en fait, les potentiels obstacles tomberaient si la volonté politique était là.

Ok, donc qu'est-ce qui bloque ?
Pour les détracteurs de cette proposition, comme Christian Descamps, économiste, ça donne un sacré mauvais exemple. Que nous, les épargnants, on pourrait à juste titre flipper de la valeur de la parole d’États qui se dédouaneraient de leur responsabilité. Que chacun pourrait ainsi se dire : si l’Etat fait défaut, pourquoi, moi, je devrais payer mes impôts ? Que ce serait contradictoire de s’offrir ce cadeau alors que nous-même sommes réticents à annuler la dette que nous avons prêté aux pays du Sud.

Capiche, mais encore ?
D’autres, disent aussi que c’est un peu un faux débat. 1/ Parce que cet argent ne nous coûte pas cher. La BCE touche des intérêts, mais elle les reverse aux Etats sous forme de dividendes. 2/ Qu’elle sera étalée quasi indéfiniment. La Banque centrale ne réclamera jamais le remboursement car ça déclencherait une crise majeure dans la zone euro. En clair, pas besoin d’annuler, car, au final, on aboutira au même résultat. Pour Christine Lagarde, tous les pays européens sortiront du cocovirus avec une dette élevée mais ce n’est pas un sujet car « les dettes se gèrent dans le temps long. Les investissements réalisés dans des secteurs déterminants pour l'avenir engendreront une croissance plus forte ».

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Ce qu'il se passe.
Les économistes s'affrontent pour savoir s'il faut annuler ou rembourser la dette européenne.

Rembobine Christine, j'ai pas suivi.
Vendredi dernier, 100 économistes, dont Thomas Piketty, proche du Parti socialiste, ont demandé une annulation de la dette publique détenue par la Banque centrale européenne (BCE) pour faciliter la reconstruction sociale et environnementale post cocovirus. Mais hier, la patronne de la BCE, la française Christine Lagarde, a répondu que ça allait pas être possible, non, pas être possible.

Vazy, fais-moi le tableau.
Yep, alors déjà, la dette c’est la somme des emprunts de l’État et des administrations publiques. À ne pas confondre avec le déficit public qui est la différence entre les recettes - l’argent que gagne l’Etat - et les dépenses. Chez nous, on est les deux : endettés et déficitaires ! En France, la dette s’élève en ce moment à plus de 2000 milliards d’€, soit 120% du PIB - l’indicateur qui mesure la richesse produite dans le pays chaque année. Cela veut dire qu’on doit plus d’argent que ce que l’on gagne chaque année. Mais on est pas les seuls à dépasser 100% du PIB, c’est pareil chez les Grecs, les Italiens, les Portugais et les Belges. Alors que l’Europe tourne en moyenne autour de 80% du PIB.

Mais d'où viennent les €€ ?
Un État dispose de 3 moyens pour financer son budget : dépenser moins, prélever plus, emprunter. En ce moment, la France emprunte puisque l’idée est justement de pallier les pertes de revenus des Français et de soutenir les services publics essentiels, donc ce n’est ni le moment d’augmenter les impôts, ni de dépenser moins et serrer la ceinture de l’hôpital. C’est pareil partout et, globalement depuis le corona, le monde se réduit à une catégorie : ceux qui creusent leur dette.  

On doit cet argent à qui ?
On a 2 grandes catégories de créanciers (= prêteurs) : les institutionnels (Banque Centrale, banques commerciales, assurances, etc) d’un côté, et les particuliers de l’autre via les assurances-vie en fonds €. En Europe, près de 25% des dettes publiques sont détenues par la BCE, le côté instit’ du game donc.

Ok, je l'ai, c'est celle-là qu'on veut annuler.
Bien vu, Manu ! Les économistes qui ont signé la tribune proposent qu’on passe un deal avec la BCE : elle annule la dette et, en contrepartie, les États européens s’engagent à mettre ces pépettes dans la reconstruction écologique et sociale. Au total, cela représenterait 2 500 milliards d’€. De quoi, selon eux, amorcer une solide transition vers le Monde d’Après. Ils affirment que c’est possible financièrement et juridiquement et qu’en fait, les potentiels obstacles tomberaient si la volonté politique était là.

Ok, donc qu'est-ce qui bloque ?
Pour les détracteurs de cette proposition, comme Christian Descamps, économiste, ça donne un sacré mauvais exemple. Que nous, les épargnants, on pourrait à juste titre flipper de la valeur de la parole d’États qui se dédouaneraient de leur responsabilité. Que chacun pourrait ainsi se dire : si l’Etat fait défaut, pourquoi, moi, je devrais payer mes impôts ? Que ce serait contradictoire de s’offrir ce cadeau alors que nous-même sommes réticents à annuler la dette que nous avons prêté aux pays du Sud.

Capiche, mais encore ?
D’autres, disent aussi que c’est un peu un faux débat. 1/ Parce que cet argent ne nous coûte pas cher. La BCE touche des intérêts, mais elle les reverse aux Etats sous forme de dividendes. 2/ Qu’elle sera étalée quasi indéfiniment. La Banque centrale ne réclamera jamais le remboursement car ça déclencherait une crise majeure dans la zone euro. En clair, pas besoin d’annuler, car, au final, on aboutira au même résultat. Pour Christine Lagarde, tous les pays européens sortiront du cocovirus avec une dette élevée mais ce n’est pas un sujet car « les dettes se gèrent dans le temps long. Les investissements réalisés dans des secteurs déterminants pour l'avenir engendreront une croissance plus forte ».

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