EACOP

Société
Par
L'équipe Voxe
Le
25/5/22

Ce qu'il se passe.
Il va faire chaud aujourd'hui à l’Assemblée Générale de TotalEnergies.

Rembobine Anne-Line, j'ai pas reçu l'invit.
Il pourrait y être question d’EACOP, aka, East African crude oil pipeline. Un méga projet pétrolier porté principalement par l’entreprise française, Total, en Ouganda et en Tanzanie et dont la production devrait démarrer en 2025.

Je t'écoute.
En 2006, on découvre entre 1,4 et 2,2 milliards de barils de pétrole brut récupérable sous le lac Albert, en Ouganda. Pour l’exploiter, Total s’associe à l’ougandais UNOC et au chinois CNOOC. L’idée, c’est d’extraire ce pétrole du lac Albert et de l’amener via 1 400 km de pipeline chauffé - la distance entre Paris et Varsovie - jusqu’aux côtes tanzaniennes. Au menu, 400 puits et 16 champs pétrolifères pour extraire entre 190 000 et 220 000 barils par jour, soit environ 10 % de la conso quotidienne française.

Ah quand même. Et ?
Les assos écolos sont en colère car, s’il aboutit, le projet traversera 16 aires naturelles protégées, déplacera 100 000 personnes, émettra 33 millions de tonnes de CO2 par an, 30 × celles de l’Ouganda et de la Tanzanie réunies. Il pourrait aussi contaminer 2 des plus grandes réserves d’eau douce d’Afrique de l’Est, les lacs Victoria et Albert, et ainsi affecter plus de 40 millions de personnes. Sans parler de la faune et de la flore.

Et ça va aboutir ?
On sait pas encore. D’un côté, en avril 2022, 15 banques dans le monde, dont 6 françaises, ont refusé de mettre des pépettes dans EACOP. De l’autre, le 12 mai, 4 banques françaises ont accordé un prêt renouvelable de 8 milliards $ à Total sans l’affecter à un projet en particulier. Une somme qui, pour les ONG, pourrait donc financer EACOP. Le 17 mai, Total n’avait pas précisé à quoi elle comptait employer cet argent, et les banques ne souhaitaient pas réagir.

Que dit Total ?
La compagnie avance construire ce projet en suivant "les meilleures pratiques environnementales et sociétales" et estime à 0,8 million de tonnes de CO2/an son projet. Le truc c'est que Total et les ONG ne mesurent pas la même chose.

Quoi d'autre ?
Ce n’est pas le seul projet du genre. Mi-mai, des chercheurs ont publié une liste de "bombes climatiques" : 435 projets d’extraction de charbon, gaz et pétrole en production ou en construction, dont les émissions combinées représentent 2 × le budget carbone disponible pour limiter le réchauffement à 1,5 degré, cette limite que le monde s’est fixée en 2015 lors de l’Accord de Paris. Pour sa part, Total émet 1 % des gaz à effet de serre mondiaux, ce qui la classe parmi 20 entreprises contribuant le + au réchauffement, aux côtés de Gazprom ou ExxonMobil par ex.

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Ce qu'il se passe.
Il va faire chaud aujourd'hui à l’Assemblée Générale de TotalEnergies.

Rembobine Anne-Line, j'ai pas reçu l'invit.
Il pourrait y être question d’EACOP, aka, East African crude oil pipeline. Un méga projet pétrolier porté principalement par l’entreprise française, Total, en Ouganda et en Tanzanie et dont la production devrait démarrer en 2025.

Je t'écoute.
En 2006, on découvre entre 1,4 et 2,2 milliards de barils de pétrole brut récupérable sous le lac Albert, en Ouganda. Pour l’exploiter, Total s’associe à l’ougandais UNOC et au chinois CNOOC. L’idée, c’est d’extraire ce pétrole du lac Albert et de l’amener via 1 400 km de pipeline chauffé - la distance entre Paris et Varsovie - jusqu’aux côtes tanzaniennes. Au menu, 400 puits et 16 champs pétrolifères pour extraire entre 190 000 et 220 000 barils par jour, soit environ 10 % de la conso quotidienne française.

Ah quand même. Et ?
Les assos écolos sont en colère car, s’il aboutit, le projet traversera 16 aires naturelles protégées, déplacera 100 000 personnes, émettra 33 millions de tonnes de CO2 par an, 30 × celles de l’Ouganda et de la Tanzanie réunies. Il pourrait aussi contaminer 2 des plus grandes réserves d’eau douce d’Afrique de l’Est, les lacs Victoria et Albert, et ainsi affecter plus de 40 millions de personnes. Sans parler de la faune et de la flore.

Et ça va aboutir ?
On sait pas encore. D’un côté, en avril 2022, 15 banques dans le monde, dont 6 françaises, ont refusé de mettre des pépettes dans EACOP. De l’autre, le 12 mai, 4 banques françaises ont accordé un prêt renouvelable de 8 milliards $ à Total sans l’affecter à un projet en particulier. Une somme qui, pour les ONG, pourrait donc financer EACOP. Le 17 mai, Total n’avait pas précisé à quoi elle comptait employer cet argent, et les banques ne souhaitaient pas réagir.

Que dit Total ?
La compagnie avance construire ce projet en suivant "les meilleures pratiques environnementales et sociétales" et estime à 0,8 million de tonnes de CO2/an son projet. Le truc c'est que Total et les ONG ne mesurent pas la même chose.

Quoi d'autre ?
Ce n’est pas le seul projet du genre. Mi-mai, des chercheurs ont publié une liste de "bombes climatiques" : 435 projets d’extraction de charbon, gaz et pétrole en production ou en construction, dont les émissions combinées représentent 2 × le budget carbone disponible pour limiter le réchauffement à 1,5 degré, cette limite que le monde s’est fixée en 2015 lors de l’Accord de Paris. Pour sa part, Total émet 1 % des gaz à effet de serre mondiaux, ce qui la classe parmi 20 entreprises contribuant le + au réchauffement, aux côtés de Gazprom ou ExxonMobil par ex.