DALLAS IN BRUXELLES

Des soupçons de corruption planent sur le Parlement européen

Europe
Par
L'équipe Voxe
Le
14/12/22

Ce qu'il se passe.
Des soupçons de corruption planent sur le Parlement européen.

Rembobine Martine, j'étais en mode burrito dans ma couette.
La justice belge a emprisonné 4 personnes dont 1 vice-présidente du Parlement. Elle les soupçonne d’avoir reçu de l’argent du Qatar en échange de décisions ou de positions en sa faveur.

C'est qui cette vice-présidente ?
Eva Kaili, une eurodéputée grecque du groupe Socialistes et Démocrates depuis 2014. Elle a été élue vice-présidente en 2022, ce qui veut dire qu’elle remplace la Présidente en cas de besoin. En tout, il y a 14 vice-présidents sur 705 députés européens.

De quoi on la soupçonne ?
Comme les 3 autres personnes, d’avoir touché de l’argent pour afficher son soutien au Qatar, comme le 24 novembre, où elle le qualifie de "précurseur en matière de droit du travail". Ce même Qatar où 6 500 travailleurs immigrés seraient morts entre 2011 et 2020 pour construire les installations de la Coupe du monde. Même si le chiffre reste difficile à établir.

Je vois. C'est chaud, non ?
Plutôt, et ça pose la question de la régulation et de la transparence du lobbying, même si, oeuf corse, lobbying ≠ corruption. On reprend : si on prend la définition officielle européenne, le lobbying, c’est "toutes les activités menées dans le but d’influencer les politiques et les processus de décision des instruments de l’Union (…)". Pour l’ONG Transparency International, il n’y a pas de problème avec le lobbying s’il est clair et transparent : il peut apporter des infos sur un sujet donné.

Mais ?
Le problème, ce sont justement les abus. Quand le lobbying est opaque et que les décisions prises répondent plus à des intérêts particuliers qu’à l’intérêt général, et que ça discrédite les institutions si on soupçonne de la corruption, comme c’est le cas ici.

Et il y a beaucoup de lobbies à Bruxelles ?
C’est le 2e plus gros vivier mondial de lobbyistes, après Washington D.C., avec environ 13 000 groupes d’influence. Les lobbies doivent être enregistrés dans un registre de transparence. Le truc, c’est que si c’est utile pour entrer facilement dans l’enceinte du Parlement européen par exemple, ça reste facultatif, donc pas très traçable. Pour Transparency International, seuls 58 % des eurodéputés ont publié au moins 1 rencontre avec un lobby depuis le début de leur mandat, et la qualité moyenne de régulation des lobbys dans l’UE est de 37 %, selon une étude de 2014.

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Ce qu'il se passe.
Des soupçons de corruption planent sur le Parlement européen.

Rembobine Martine, j'étais en mode burrito dans ma couette.
La justice belge a emprisonné 4 personnes dont 1 vice-présidente du Parlement. Elle les soupçonne d’avoir reçu de l’argent du Qatar en échange de décisions ou de positions en sa faveur.

C'est qui cette vice-présidente ?
Eva Kaili, une eurodéputée grecque du groupe Socialistes et Démocrates depuis 2014. Elle a été élue vice-présidente en 2022, ce qui veut dire qu’elle remplace la Présidente en cas de besoin. En tout, il y a 14 vice-présidents sur 705 députés européens.

De quoi on la soupçonne ?
Comme les 3 autres personnes, d’avoir touché de l’argent pour afficher son soutien au Qatar, comme le 24 novembre, où elle le qualifie de "précurseur en matière de droit du travail". Ce même Qatar où 6 500 travailleurs immigrés seraient morts entre 2011 et 2020 pour construire les installations de la Coupe du monde. Même si le chiffre reste difficile à établir.

Je vois. C'est chaud, non ?
Plutôt, et ça pose la question de la régulation et de la transparence du lobbying, même si, oeuf corse, lobbying ≠ corruption. On reprend : si on prend la définition officielle européenne, le lobbying, c’est "toutes les activités menées dans le but d’influencer les politiques et les processus de décision des instruments de l’Union (…)". Pour l’ONG Transparency International, il n’y a pas de problème avec le lobbying s’il est clair et transparent : il peut apporter des infos sur un sujet donné.

Mais ?
Le problème, ce sont justement les abus. Quand le lobbying est opaque et que les décisions prises répondent plus à des intérêts particuliers qu’à l’intérêt général, et que ça discrédite les institutions si on soupçonne de la corruption, comme c’est le cas ici.

Et il y a beaucoup de lobbies à Bruxelles ?
C’est le 2e plus gros vivier mondial de lobbyistes, après Washington D.C., avec environ 13 000 groupes d’influence. Les lobbies doivent être enregistrés dans un registre de transparence. Le truc, c’est que si c’est utile pour entrer facilement dans l’enceinte du Parlement européen par exemple, ça reste facultatif, donc pas très traçable. Pour Transparency International, seuls 58 % des eurodéputés ont publié au moins 1 rencontre avec un lobby depuis le début de leur mandat, et la qualité moyenne de régulation des lobbys dans l’UE est de 37 %, selon une étude de 2014.