CRY BABY CRY

Le secteur de la petite enfance est tendu

Société
Par
L'équipe Voxe
Le
13/7/22

Ce qu'il se passe.
Le secteur de la petite enfance est tendu.

Rembobine Perrine, j'étais en pause ventilo.
Depuis des mois, la crise s’intensifie : les crèches manquent de personnel et les pros en poste sont épuisés. Le malaise a pris encore plus d’ampleur après qu’une pro, se disant excédée par les pleurs d’un bébé, l’a empoisonné dans une crèche de Lyon le 22 juin.

Horrible. Fais-moi le topo.
Presque la moitié des crèches en France recrute, et les grandes villes sont particulièrement concernées. Plusieurs raisons pour lesquelles ça se bouscule pas au portillon : 1/ des salaires faibles avec une fourchette allant globalement du SMIC à 1 500 € ; 2/ des conditions de travail difficiles avec un rythme très soutenu : pendant 8h, 1 pro s’occupe de 6 bébés vs 4 en Allemagne et 3 au Danemark (et ce, dans le bruit et les pleurs) ; 3/ le secteur manque de reconnaissance.

Résultat, c'est galère de trouver une crèche.
Oui, il manquerait aujourd’hui 230 000 places et donc env 38 000 pros, dans toute la France. Conséquence : 4 enfants sur 10 de moins de 3 ans sont gardés par les parents, le plus souvent par la mère, ce qui a un impact direct sur la carrière - et la rémunération - des femmes.

J'imagine. Quoi d'autre ?
Les pros du secteur demandent une revalorisation des salaires et s’inquiètent aussi du manque de qualifications dans les crèches. Jusqu'à 60 % du personnel a comme formation un CAP - qu’on peut obtenir juste après la 3e -, et pour les experts, ce n’est pas suffisant pour accompagner les petits dans leur éveil et leur épanouissement. Sauf que pour pallier le manque de personnel, le gouv s’apprêterait à assouplir encore plus les critères à l'embauche : des personnes sans diplôme pourraient être autorisées à travailler en crèche, en étant formées directement sur le terrain pendant 120h par un autre salarié.

Je vois. Et ?
La Première ministre Élisabeth Borne a promis de créer 200 000 places d'accueil, mais sans préciser de date, ni de plan exact. Pour attirer des talents, le ministre des Solidarités, Jean-Christophe Combe, veut consacrer 2 millions € à une campagne de promo des métiers de la petite enfance. Et pour éviter les drames comme celui de Lyon, il parle de créer des conseils de parents dans toutes les crèches ou de renforcer le contrôle pour empêcher les maltraitances. Certaines réformes pourraient avoir lieu cet automne.

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Ce qu'il se passe.
Le secteur de la petite enfance est tendu.

Rembobine Perrine, j'étais en pause ventilo.
Depuis des mois, la crise s’intensifie : les crèches manquent de personnel et les pros en poste sont épuisés. Le malaise a pris encore plus d’ampleur après qu’une pro, se disant excédée par les pleurs d’un bébé, l’a empoisonné dans une crèche de Lyon le 22 juin.

Horrible. Fais-moi le topo.
Presque la moitié des crèches en France recrute, et les grandes villes sont particulièrement concernées. Plusieurs raisons pour lesquelles ça se bouscule pas au portillon : 1/ des salaires faibles avec une fourchette allant globalement du SMIC à 1 500 € ; 2/ des conditions de travail difficiles avec un rythme très soutenu : pendant 8h, 1 pro s’occupe de 6 bébés vs 4 en Allemagne et 3 au Danemark (et ce, dans le bruit et les pleurs) ; 3/ le secteur manque de reconnaissance.

Résultat, c'est galère de trouver une crèche.
Oui, il manquerait aujourd’hui 230 000 places et donc env 38 000 pros, dans toute la France. Conséquence : 4 enfants sur 10 de moins de 3 ans sont gardés par les parents, le plus souvent par la mère, ce qui a un impact direct sur la carrière - et la rémunération - des femmes.

J'imagine. Quoi d'autre ?
Les pros du secteur demandent une revalorisation des salaires et s’inquiètent aussi du manque de qualifications dans les crèches. Jusqu'à 60 % du personnel a comme formation un CAP - qu’on peut obtenir juste après la 3e -, et pour les experts, ce n’est pas suffisant pour accompagner les petits dans leur éveil et leur épanouissement. Sauf que pour pallier le manque de personnel, le gouv s’apprêterait à assouplir encore plus les critères à l'embauche : des personnes sans diplôme pourraient être autorisées à travailler en crèche, en étant formées directement sur le terrain pendant 120h par un autre salarié.

Je vois. Et ?
La Première ministre Élisabeth Borne a promis de créer 200 000 places d'accueil, mais sans préciser de date, ni de plan exact. Pour attirer des talents, le ministre des Solidarités, Jean-Christophe Combe, veut consacrer 2 millions € à une campagne de promo des métiers de la petite enfance. Et pour éviter les drames comme celui de Lyon, il parle de créer des conseils de parents dans toutes les crèches ou de renforcer le contrôle pour empêcher les maltraitances. Certaines réformes pourraient avoir lieu cet automne.