Les oeuvres d'art volées de retour au bercail

Les oeuvres d'art volées de retour au bercail

International
Par
L'équipe Voxe
Le
28/10/21

🗞 BACK DANS LES BACS

Ce qu'il se passe.
La France rend 26 œuvres d'art volées au Bénin.

Rembobine Mandarine, j'étais au yoga.
Ces 26 œuvres d'art, que la France a pillées à l'époque coloniale, sont montrées jusqu'à dimanche au musée du quai Branly à Paris. Après, elles retourneront chez elles, au Bénin, pour être exposées dans le palais présidentiel à Cotonou, puis à Ouidah en 2022. Ce retour au bercail est une première, mais ça ne devrait pas être la dernière.

Dac, et c'est quoi ces oeuvres ?
Le butin de guerre du général Dodds, qui s'est largement servi dans le palais d'Abomey en 1892 en colonisant le Dahomey, l'actuel Bénin, pour la France. Parmi ces 26 objets, des statues, des portes, un trône, des autels.

Ok, c'est prévu depuis longtemps ?
En 2017, dans un discours à l'université de Ouagadougou, au Burkina Faso, le président Macron promet "des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique" d'ici 5  ans. En décembre 2020, une loi est votée. Yep, il fallait une loi car le patrimoine public français est "inaliénable" : il ne peut pas changer de proprio quelles que soient les conditions dans lesquelles il est arrivé dans les musées.

Donc on a fait une exception.
C'est ça, et pour établir la liste d'objets à rendre, on s'est fondé sur l'absence de consentement de leurs proprios quand on les a pris et la violence avec laquelle on l'a fait. Pour l'instant, la loi retient des objets venant de 2 pays : le Bénin et le Sénégal.

Et y a beaucoup d'autres cas ?
Il n'existe pas de chiffre officiel mais les pros estiment que 85 à 90% du patrimoine africain a été volé. Sur 88 000 pièces d'Afrique sub-saharienne dans les musées français, la moitié aurait été acquise pendant la colonisation. Depuis 2019, en plus du Bénin et du Sénégal, la Côte d'Ivoire, l'Éthiopie, le Tchad, le Mali et Madagascar nous ont demandé des œuvres. Mais ces restitutions concernent aussi l'Irak et le Cambodge depuis les US, ou encore le Nigéria depuis l'Allemagne.

Ah quand même.
Comme tu dis. Le truc, c'est qu'au-delà du vol, l'absence des œuvres cause une perte de repères et une déconnexion entre les habitants et leur culture. Un "fossé s'est creusé entre la jeunesse, les traditions, la culture, parce qu'en conservant en Europe ces milliers d'objets, la génération d'après l'indépendance a changé de repères. Elle a des repères hybrides, occidentaux, parfois chinois, [...]. Et c'est essentiel que ces jeunes connaissent ces objets, qui font partie de leur culture [...] pour aller en avant", explique Edwige Aplogan, une artiste béninoise.

Et qui en pense quoi ?
Certains sont fiers, comme Calixte Biah, le conservateur du musée d'Ouidah. D'autres, comme le magazine Télérama, estiment que ce processus de restitution au cas par cas manque de cohérence historique et scientifique et que l'objectif serait plutôt de se faire bien voir des anciens pays colonisés, alors qu'ils se rapprochent économiquement de la Chine.

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Ce qu'il se passe.
La France rend 26 œuvres d'art volées au Bénin.

Rembobine Mandarine, j'étais au yoga.
Ces 26 œuvres d'art, que la France a pillées à l'époque coloniale, sont montrées jusqu'à dimanche au musée du quai Branly à Paris. Après, elles retourneront chez elles, au Bénin, pour être exposées dans le palais présidentiel à Cotonou, puis à Ouidah en 2022. Ce retour au bercail est une première, mais ça ne devrait pas être la dernière.

Dac, et c'est quoi ces oeuvres ?
Le butin de guerre du général Dodds, qui s'est largement servi dans le palais d'Abomey en 1892 en colonisant le Dahomey, l'actuel Bénin, pour la France. Parmi ces 26 objets, des statues, des portes, un trône, des autels.

Ok, c'est prévu depuis longtemps ?
En 2017, dans un discours à l'université de Ouagadougou, au Burkina Faso, le président Macron promet "des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique" d'ici 5  ans. En décembre 2020, une loi est votée. Yep, il fallait une loi car le patrimoine public français est "inaliénable" : il ne peut pas changer de proprio quelles que soient les conditions dans lesquelles il est arrivé dans les musées.

Donc on a fait une exception.
C'est ça, et pour établir la liste d'objets à rendre, on s'est fondé sur l'absence de consentement de leurs proprios quand on les a pris et la violence avec laquelle on l'a fait. Pour l'instant, la loi retient des objets venant de 2 pays : le Bénin et le Sénégal.

Et y a beaucoup d'autres cas ?
Il n'existe pas de chiffre officiel mais les pros estiment que 85 à 90% du patrimoine africain a été volé. Sur 88 000 pièces d'Afrique sub-saharienne dans les musées français, la moitié aurait été acquise pendant la colonisation. Depuis 2019, en plus du Bénin et du Sénégal, la Côte d'Ivoire, l'Éthiopie, le Tchad, le Mali et Madagascar nous ont demandé des œuvres. Mais ces restitutions concernent aussi l'Irak et le Cambodge depuis les US, ou encore le Nigéria depuis l'Allemagne.

Ah quand même.
Comme tu dis. Le truc, c'est qu'au-delà du vol, l'absence des œuvres cause une perte de repères et une déconnexion entre les habitants et leur culture. Un "fossé s'est creusé entre la jeunesse, les traditions, la culture, parce qu'en conservant en Europe ces milliers d'objets, la génération d'après l'indépendance a changé de repères. Elle a des repères hybrides, occidentaux, parfois chinois, [...]. Et c'est essentiel que ces jeunes connaissent ces objets, qui font partie de leur culture [...] pour aller en avant", explique Edwige Aplogan, une artiste béninoise.

Et qui en pense quoi ?
Certains sont fiers, comme Calixte Biah, le conservateur du musée d'Ouidah. D'autres, comme le magazine Télérama, estiment que ce processus de restitution au cas par cas manque de cohérence historique et scientifique et que l'objectif serait plutôt de se faire bien voir des anciens pays colonisés, alors qu'ils se rapprochent économiquement de la Chine.

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