Amère lumière

Société
Par
L'équipe Voxe
Le
6/10/21

🗞 ​​AMÈRE LUMIÈRE*

Ce qu'il se passe.
216 000 mineurs auraient été sexuellement abusés par des prêtres depuis 1950.

Rembobine Aline, comment on sait ça ?
Ce chiffre, c’est le résultat de 2 ans et demi d’une enquête menée par une commission indépendante, qu’on appelle la Commission Sauvé, du nom de son Président, un ancien haut fonctionnaire. Si on ajoute les personnes abusées par des laïcs travaillant pour l’Église catholique, le chiffre monte à 330 000 victimes encore vivantes. En France, 5,5 millions de personnes ont subi des violences sexuelles avant leur majorité.

Affreux. C'est quoi cette commission ?
Elle a été commanditée et financée par l’Église française mais a travaillé de manière indépendante pour dresser le bilan, étudier la réponse de l’Église, et proposer des actions pour la suite. Ses 22 membres - historiens, magistrats, psys, anthropologues, spécialistes du droit religieux - sont tous bénévoles. Seules 3 personnes ont été salariées pour coordonner leurs travaux. Ils ont surtout placé les victimes au cœur de leur travail.

Comment ça ?
En 2019, la Commission a lancé un appel à témoignages auquel 6 500 personnes ont répondu. En parallèle, les enquêteurs ont fouillé les archives de l’Église, et les faits mentionnés dans les médias. C’est l’une des investigations les plus approfondies au monde sur la pédocriminalité au sein de l’Église.

Et leurs conclusions ?
Outre le nombre de victimes dont on te parlait, la Commission estime que 80% d’entre elles étaient des garçons qui avaient à l’époque principalement entre 10 et 13 ans. Entre 2 900 et 3 200 religieux ou laïcs travaillant pour l’Église auraient violenté sexuellement des enfants, soit entre 2,5 et 2,8% de l’effectif global. La majorité (56%) des violences sont concentrées entre 1950 et 1969, puis baissent dans les 70’s à 90’s - ce qui est aussi lié à la désertion des églises - et depuis, le nombre stagne.

Et comment réparer ?
La justice a condamné l’ex-prêtre Bernard Preynat pour pédophilie en 2020, mais comme la majorité des abus sont prescrits ou leurs auteurs sont morts, la justice ne peut plus faire grand chose. Donc la Commission recommande à l’Église d’instaurer une instance indépendante pour reconnaître aux personnes violentées leur qualité de victime.

Elle a d'autres recommandations ?
Pour elle, l’Église devrait aussi les indemniser financièrement. Aussi, elle préconise de réformer le droit de l’Église pour y donner une place aux victimes, et réformer sa gouvernance - avec des contrôles internes et des plans de prévention - pour que ça ne se reproduise plus.

Comment a réagit l'Église ?
Le président de la Conférence des évêques de France, le chef de l’Église française, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, a dit : “Nous avons entendu la voix des personnes victimes, nous avons entendu leur nombre, ils dépassent ce que nous pouvions supposer. C’est proprement insupportable. J’exprime ma honte, mon effroi, ma détermination à agir. Vous, les personnes victimes, dont je connais le nom de quelques-uns et quelques-unes, mon désir en ce jour est de vous demander pardon.”

Psst. Ce sont les mots du président de la Conférence des évêques de France pour définir le rapport de la Commission Sauvé.

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Ce qu'il se passe.
216 000 mineurs auraient été sexuellement abusés par des prêtres depuis 1950.

Rembobine Aline, comment on sait ça ?
Ce chiffre, c’est le résultat de 2 ans et demi d’une enquête menée par une commission indépendante, qu’on appelle la Commission Sauvé, du nom de son Président, un ancien haut fonctionnaire. Si on ajoute les personnes abusées par des laïcs travaillant pour l’Église catholique, le chiffre monte à 330 000 victimes encore vivantes. En France, 5,5 millions de personnes ont subi des violences sexuelles avant leur majorité.

Affreux. C'est quoi cette commission ?
Elle a été commanditée et financée par l’Église française mais a travaillé de manière indépendante pour dresser le bilan, étudier la réponse de l’Église, et proposer des actions pour la suite. Ses 22 membres - historiens, magistrats, psys, anthropologues, spécialistes du droit religieux - sont tous bénévoles. Seules 3 personnes ont été salariées pour coordonner leurs travaux. Ils ont surtout placé les victimes au cœur de leur travail.

Comment ça ?
En 2019, la Commission a lancé un appel à témoignages auquel 6 500 personnes ont répondu. En parallèle, les enquêteurs ont fouillé les archives de l’Église, et les faits mentionnés dans les médias. C’est l’une des investigations les plus approfondies au monde sur la pédocriminalité au sein de l’Église.

Et leurs conclusions ?
Outre le nombre de victimes dont on te parlait, la Commission estime que 80% d’entre elles étaient des garçons qui avaient à l’époque principalement entre 10 et 13 ans. Entre 2 900 et 3 200 religieux ou laïcs travaillant pour l’Église auraient violenté sexuellement des enfants, soit entre 2,5 et 2,8% de l’effectif global. La majorité (56%) des violences sont concentrées entre 1950 et 1969, puis baissent dans les 70’s à 90’s - ce qui est aussi lié à la désertion des églises - et depuis, le nombre stagne.

Et comment réparer ?
La justice a condamné l’ex-prêtre Bernard Preynat pour pédophilie en 2020, mais comme la majorité des abus sont prescrits ou leurs auteurs sont morts, la justice ne peut plus faire grand chose. Donc la Commission recommande à l’Église d’instaurer une instance indépendante pour reconnaître aux personnes violentées leur qualité de victime.

Elle a d'autres recommandations ?
Pour elle, l’Église devrait aussi les indemniser financièrement. Aussi, elle préconise de réformer le droit de l’Église pour y donner une place aux victimes, et réformer sa gouvernance - avec des contrôles internes et des plans de prévention - pour que ça ne se reproduise plus.

Comment a réagit l'Église ?
Le président de la Conférence des évêques de France, le chef de l’Église française, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, a dit : “Nous avons entendu la voix des personnes victimes, nous avons entendu leur nombre, ils dépassent ce que nous pouvions supposer. C’est proprement insupportable. J’exprime ma honte, mon effroi, ma détermination à agir. Vous, les personnes victimes, dont je connais le nom de quelques-uns et quelques-unes, mon désir en ce jour est de vous demander pardon.”

Psst. Ce sont les mots du président de la Conférence des évêques de France pour définir le rapport de la Commission Sauvé.

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