Les inégalités de revenus

62 personnes = 3,6 milliards d’êtres humains

inégalités de revenus
L’équipe Voxe serait-elle très mauvaise en calcul? Pas vraiment. Aujourd’hui, nous avons décidé d’aborder le thème des inégalités de revenus. En 2015, 62 personnes possédaient à elles seules les mêmes richesses que 3,6 milliards de personnes. Soit une concentration accrue, quand ces très très riches personnes étaient 388 en 2010.
Voilà un des chiffres, parmi les dizaines, trouvés lors de nos recherches sur ce sujet. Nous nous sommes dit qu’il serait intéressant de comprendre ces différences et de les expliquer.
 
Nous faisons donc, dans cet article, le point sur l’état de ces inégalités de revenus, du débat qu’elles suscitent, et des solutions qui sont avancées pour lutter contre ces dernières.

Définition

Les inégalités de revenus correspondent aux différences de revenus entre des ménages (un ménage correspond à l’ensemble des personnes qui vivent ensemble dans le même foyer, comme par exemple tes parents et toi, ou ton colocataire et toi). Le revenu désigne le revenu disponible d’un ménage au cours d’une année donnée.

Il comprend :
  • les salaires et/ou les revenus du travail non salarié (travailleurs indépendants)
  • les revenus du capital (les revenus liés au patrimoine, comme par exemple le loyer que pourrait toucher le propriétaire d’un appartement)
  • et les prestations sociales (indemnités chômage, pensions de retraite par exemple)
MOINS l’impôt sur le revenu et les cotisations de sécurité sociale.
 
Ces inégalités peuvent être mesurées avec plusieurs indicateurs, dont l’indice de Gini et les déciles.
  • L’indice (ou coefficient) de Gini est un indicateur synthétique d’inégalités de salaires. Il varie entre 0 et 1. Il est égal à 0 dans une situation d’égalité parfaite où tous les revenus seraient égaux. A l’autre extrême, il est égal à 1 dans une situation la plus inégalitaire possible. Plus l’indice de Gini est proche de 1, plus les inégalités sont élevées.

 

  • Les déciles partagent la distribution des revenus en dix parties égales.

Le premier décile (en général D1) est le salaire au-dessous duquel se situent 10 % des salaires.  Le neuvième décile (noté généralement D9) est le salaire au-dessous duquel se situent 90 % des salaires.

Le premier décile est le salaire au-dessus duquel se situent 90 % des salaires ; le neuvième décile est le salaire au-dessus duquel se situent 10 % des salaires. 

En France, en chiffres

En France, en 2013, les 10 % les plus aisés captaient plus du 1/4 des revenus.

inégalités de revenus

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Comme l’indique ce graphique, l’écart entre les ménages gagnant plus et ceux qui gagnent moins était plus important en 1970, il s’est ensuite réduit jusqu’en 1990.
Entre 1990 et 2010, les inégalités de revenus augmentent et diminuent successivement. Ces dernières une tendance de nouveau à augmenter ces dernières années.
En 2011, l’INSEE (l’Institut National des Statistiques et des Etudes Economiques*) estimait que les inégalités avaient progressé dans notre pays, selon l’enquête Revenus fiscaux et sociaux (à retrouver ici sur le site de l’INSEE). L’institut évoquait alors plusieurs raisons, liées aux différences de salaires :
  • la faible revalorisation du SMIC horaire brut (il a peu augmenté)
  • l’augmentation des salariés en temps partiel ou occupant un emploi à durée limitée, chez les plus modestes
  • l’augmentation des salaires les plus élevés
  • l’augmentation des revenus du patrimoine (cette augmentation bénéficiant davantage aux plus aisés, qui concentrent le plus de patrimoine).

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Les 10 % des ménages les mieux dotés disposent d’au moins 595 700 euros de patrimoine brut et détiennent près de la moitié de la masse totale de celui-ci.

(2015)

* L’INSEE réalise des études sur les évolutions de la population française à partir de données collectées. C’est par exemple l’INSEE qui s’occupe du recensement.

Et au niveau international ?

L’association Oxfam estime, dans son dernier rapport de Janvier 2017 (à retrouver ici,), que “le fossé entre les riches et les pauvres est plus abyssal que jamais”. Et rappelle un chiffre : les 1 % les plus riches possèdent désormais davantage que les 99 % restants.

Les revenus des 10 % les plus pauvres ont augmenté de moins de 3 dollarspar an entre 1988 et 2011. L’augmentation des revenus des 1 % les plus riches était 182 fois supérieure .

Un autre chiffre :

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En 2008 environ, dans les pays de l’OCDE**, les revenus des 10 % les plus aisés étaient pratiquement 9 fois supérieurs en moyenne à ceux des plus démunis.

** l’OCDE (l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques) est aujourd’hui composée de 35 pays membres (la liste ici, sur le site de l’OCDE). Cette organisation publie régulièrement des études économiques et des recommandations de politiques économiques à suivre.

Les inégalités de revenus ont-elles des conséquences ?

Les avis sont partagés sur cette question.
  • selon la “théorie du ruissellement”, appelée « Trickle down Economic », favoriser les riches est « bon » pour les pauvres. Pour schématiser, la richesse créée en haut profite à tous, y compris aux plus pauvres, situés en bas (comme pour une source qui ruisselle).
  • Cette théorie a récemment été remis en cause par le Fonds Monétaire International, qui a estimé que les inégalités peuvent nuire à la croissance, en avançant le fait que la croissance serait moins stimulée par les riches, qui dépensent une proportion moindre de leurs revenus (les plus aisés auraient tendance à davantage épargner). Selon le FMI : “une augmentation de 1 point de PIB du revenu des pauvres et des classes moyennes se traduit par une progression de la croissance pouvant aller jusqu’à 0,38 point de PIB sur cinq ans. En revanche, une augmentation de 1 point de PIB du revenu des riches se traduit par une baisse de 0,08 point de PIB.”

Quelles solutions ?

Pour ceux qui estiment que les inégalités de revenus sont un problème, il existe plusieurs solutions.
  • L’OCDE avance par exemple comme proposition de recourir “davantage aux prestations liées [aux allocations chômage et les autres aides de l’assurance chômage] qui incitent les chômeurs à reprendre une activité et procurent un complément de revenu aux ménages modestes”. Et ajoute que “les pouvoirs publics se doivent également d’améliorer l’égalité d’accès et de qualité de l’éducation et de la formation, ce qui permettra aux actifs de retrouver un emploi mieux rémunéré, et donc de réduire les inégalités”.
  • Le FMI préconise, entre autres, de lutter contre la fraude fiscale et supprimer les exonérations fiscales injustes.
  • L’association OXFAM estime quant-à-elle par exemple qu’il faut “augmenter les impôts sur la fortune et sur les hauts revenus”.

Envie d’aller plus loin ?

Vous pouvez :
👉 lire cette note du FMI sur les liens entre inégalités et croissance ou l’étude sur laquelle elle est basée
👉 lire le billet économique de France Culture “Favoriser les riches, est-ce bon pour les pauvres ?”
👉 lire cet éditorial du site Le Temps : Les riches, boucs émissaires du populisme

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Vous pouvez aussi :
  • agir (devenir bénévoles, participer à des campagnes, faire un don) avec des associations comme Oxfam qui fait de la lutte contre les inégalités un de ses combats.
Sources : INSEE, Observatoire des inégalités, Centre d’Observation de la société, association OXFAM, l’Institut de Recherche du Crédit Suisse